La cité, idéale ?

[Deuxième partie d’une série de trois articles anthropologiques consacrés à la transition néolithique et à l’apparition de l’urbanisation des sociétés :]

1/3 = Néolithico-partisan

2/3 = La cité, idéale ?

3/3 =Une anthropologie économique du transport


Introduction :

Quelle est donc la cause de l’évolution de certaines tribus en villes puis en cités, et où se trouve l’origine de tous ces maux de la civilisation que sont le travail aliéné, le pouvoir coercitif et les classes sociales ? Il ne fait selon moi aucun doute que les civilisations ont évolué jusqu’à aujourd’hui vers des formes d’agriculture et d’élevage très destructrices pour l’environnement, sans parler des conséquences environnementales de leurs industries ou de leurs échanges économiques, tout comme il ne fait aucun doute que la civilisation mondialisée actuelle, résultante de la confrontation de toutes ces civilisations depuis l’antiquité, est dans une impasse totale. Pourtant, dans la première partie de cette série de trois articles , j’ai tenté de démontrer que l’invention de l’agriculture n’a pas été la cause de destructions systématiques de biotopes, puisque des sociétés tribales d’agriculteurs vivant en équilibre avec leurs biotopes subsistent encore aujourd’hui. De plus, les éradications d’espèces n’ont pas débuté avec l’agriculture, car les chasseurs/cueilleurs ont eu, eux aussi et bien avant « l’invention » de l’agriculture, leur part de responsabilité, et ce malgré des armes très rudimentaires.

Les collecteurs ne sont donc pas à sacraliser en tant qu’humains, ils sont des humains comme les autres, et l’organisation sociale qui les caractérise, la tribu (sans classes sociales, ni travail aliéné ou pouvoir coercitif), ne leur est pas exclusive, et l’agriculture n’a pas causé la fin des tribus. De plus, si l’agriculture, l’élevage et la sédentarisation ont apporté quelques désagréments qu’il a fallu du temps pour résoudre, comme le développement de certains pathogènes, ou bien un bouleversement de nos rapports économiques, elles ont par contre apporté d’autres avantages qui ne sont pas négligeables, comme du confort et de la sécurité, améliorant ainsi nos conditions de vie.

En outre, l’agriculture, l’élevage et la sédentarité ont également facilité les échanges culturels ou commerciaux entre communautés et ont permis, voire généré, une importante croissance démographique. Cette croissance démographique serait-elle à l’origine de l’évolution de certaines tribus en civilisations ? Ou bien y aurait-il une autre cause ? Enfin, l’agriculture exclusive telle que nous la connaissons aujourd’hui, avec ses distinctions très franches entre zones cultivées et zones sauvages, avec le labour, la monoculture, les pesticides et les différents moyens d’éradication de la biodiversité en vue de la transformation brutale d’une friche en un champ, avec le surpâturage ou l’érosion et l’altération agricole des sols et ainsi leur ruine, cette agriculture donc, est-elle à l’origine de l’apparition et du développement des civilisations antiques, et par là de nos civilisations actuelles ? Ou bien sont-ce plutôt les civilisations qui ont fait évoluer l’agriculture de la sorte, à leur profit ? Voici ce que je vais tenter maintenant de clarifier.

Inégalités homme/femme :

Lorsqu’on compare les collecteurs aux agriculteurs, une première évidence saute aux yeux : les collecteurs ne connaissent pas d’inégalités sociales (http://fr.wikipedia.org/wiki/Anthropologie_politique#Les_soci.C3.A9t.C3.A9s_sans_hi.C3.A9rarchie_diff.C3.A9renci.C3.A9e ), alors que les agriculteurs en connaissent, ne serait-ce qu’entre hommes et femmes. Hommes et femmes sont différents, physiquement, ce qui nous a forcément amenés à une complémentarité, encore bien évidente aujourd’hui sur nos fonctionnements respectifs. Seulement, lorsque nous étions chasseurs-cueilleurs, cette spécialisation des sexes était équilibrée, ou bien s’était équilibrée à mesure des millions d’années pendant lesquelles nous avions vécu de la sorte.

Une femme qui allaitait ou qui était enceinte ne pouvait pas se défendre ou défendre ses autres enfants, c’était donc l’homme qui le faisait. Du coup, l’homme, tant qu’à porter les armes, les a portées également pour la chasse (à laquelle on ne peut pas tellement aller avec un marmot dans le dos), et les femmes se sont plutôt occupées de la cueillette. Les hommes se sont occupés de construire la hutte à chaque halte de la tribu (pendant que les femmes continuaient à gérer la marmaille), puis les femmes de les aménager (de faire le nid, en quelque sorte), et de les entretenir (mais comme ils abandonnaient souvent leur hutte, en fait il n’y avait besoin de quasiment aucun entretien). Il y avait donc, non pas une égalité, mais une équivalence, et une complémentarité des rôles: la toute première des spécialisations économiques.

C’est depuis que nous avons développé l’agriculture, que ces complémentarités se sont retrouvées déséquilibrées. Les femmes, qui récoltaient les fruits, vont devoir en plus, travailler la terre et entretenir les cultures; elles vont avoir de plus en plus de travail à l’entretien intérieur de la maison, puisque celle-ci va devenir pérenne et plus vaste, grâce à la sédentarisation. Les hommes, quand à eux, vont avoir des territoires plus petits à défendre et plus facilement défendables, et le commerce va favoriser la diplomatie, donc limiter encore plus ce besoin de défense à des périodes de plus en plus ponctuelles. La chasse va devenir tout à fait secondaire, grâce à l’agriculture et l’élevage ; la “hutte” ne devra être construite qu’une fois dans leur vie, et la gestion des choix stratégiques et vitaux de déplacements de la tribu va devenir la “politique”, aussi laborieusement insignifiante qu’inutile.

Cela dit cette inégalité homme/femme n’est pas systématique chez les peuples d’agriculteurs. La plupart ont en réalité réajusté progressivement ces disparités, jusqu’à atteindre une complémentarité plus équilibrée. En général, lorsque c’est le cas, ce sont plutôt les hommes qui s’occupent d’entretenir les cultures ou de conduire les troupeaux, et les femmes n’ont alors comme charges que celles de la surveillance des enfants et de l’entretien du foyer. Elles se retrouvent pour le coup, et bien malheureusement, trop cantonnées au foyer, mais au moins, la répartition des tâches est équilibrée en terme de labeur.

Spécialisation économique et inégalités sociales :

Mais avec le développement de l’agriculture, la spécialisation ne va pas s’opérer qu’entre hommes et femmes : elle va s’opérer également entre chaque producteur, entre chaque foyer d’une même tribu. Et grâce à cette spécialisation, les agriculteurs vont pouvoir éviter que le labeur n’augmente, et finalement, en moyenne, le labeur qui leur est nécessaire sera équivalent à celui des collecteurs. Par la spécialisation économique, ils auront pu développer l’agriculture sans augmenter leur labeur.

A partir de là, on pourrait facilement penser que cette spécialisation puisse être à l’origine des toutes premières inégalités sociales. Que certaines personnalités de la communauté aient pu disposer d’une spécialité permettant une productivité supplémentaire pour le même labeur que leurs congénères, leur permettant progressivement de « s’enrichir ». En réalité il semble que non, car chez les peuples de proto-agriculteurs que l’on connaît aujourd’hui, il n’existe pas d’inégalités sociales. Comme ils vivent de manière très proche, en pratiquant le don et le partage, ainsi que la propriété commune, les moindres inégalités doivent être rétablies aussitôt, sous peine de voir l’éclatement de la communauté. Pierre Clastres notamment, montre bien comment ces peuples procèdent pour rééquilibrer en permanence les différents rapports, au sein de la communauté.

Il existe bien des sociétés tribales d’agriculteurs ou d’éleveurs (et même parfois de collecteurs particuliers, dits de « collecteurs/stockeurs ») avec un tout début de hiérarchisation, on appelle cela les sociétés à « big man » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Anthropologie_politique#Le_.C2.AB_Big_Man_.C2.BB ) ; néanmoins, ce sont en réalité des tribus qui doivent échanger certains produits avec d’autres tribus, et le « big man » est d’avantage un leader charismatique capable d’obtenir les meilleurs résultats lors d’un marchandage avec une tribu voisine, qu’un véritable chef disposant d’un avantage économique. Les bénéfices que le « big man » a obtenus sont partagés équitablement entre les membres de la tribu, et jamais aucune inégalité économique ne subsiste au sein de la communauté. Si inégalités il y a dans ce système, c’est entre communautés, pas entre membres d’une même communauté. Le big man n’est qu’un spécialiste particulier, qui devance alors le chamane (ou homme-médecine) dans le prestige que les membres de la communauté lui accordent. Et le big man donne surtout une impression d’autorité, du point de vue d’agents extérieurs à la communauté, car du fait de son rôle particulier, il est non seulement un négociant mais aussi un diplomate, chargé des relations avec l’extérieur de la communauté.

Les inégalités sociales à proprement parler apparaissent à partir de véritables villages ; mais en général, ces villages sont subordonnés à une autorité supérieure, extérieure à celui-ci, et l’autorité est donc subie, elle n’apparaît pas directement dans le village. C’est en réalité dans les villes qu’apparaissent les inégalités sociales, et là qu’elles sont systématiquement concentrées et exacerbées ; c’est toujours en ville que l’on rencontre les trois caractéristiques fondamentales des sociétés inégalitaires, que sont les classes sociales, le pouvoir coercitif, et le travail aliéné. Les villes sont bien entendu toujours liées aux peuples agriculteurs (seuls des peuples agriculteurs ont développé des villes), mais cela ne signifie pas pour autant que les agriculteurs soient nécessairement amenés à devoir développer des villes, puisque, comme je l’ai souligné auparavant, de nombreux peuples d’agriculteurs vivent en tribus rurales non hiérarchisées. Les inégalités sociales sont donc synonymes, non pas d’agriculture, mais d’urbanité. Une recherche sur l’origine des inégalités sociales doit donc se concentrer sur l’étude de l’origine de l’urbanisation de certaines sociétés agricoles. Mais auparavant, voyons d’abord où se trouve l’origine de l’autre mal caractéristique des sociétés humaines qu’est la destruction des biotopes.

Destruction des biotopes chez les collecteurs :

Lorsque des collecteurs ont détruit des biotopes, éradiqué des faunes par la chasse/pèche excessive, ils l’ont toujours fait lors de déplacements. Lorsqu’ils sont arrivés dans un endroit où il n’y avait personne auparavant, ils ont éradiqué, puis se sont déplacés, pour éradiquer plus loin. Lorsque toutes les terres ont été colonisées, les territoires se sont stabilisés, et là ils ont dû faire avec ce qu’ils avaient, et gérer durablement leurs ressources. On peut vérifier cela très simplement en comparant l’intensité des éradications des grandes faunes qui ont eu lieu dans les différents continents ou dans les différentes îles colonisées par les humains au cours du pléistocène. En Afrique, où les humains sont présents depuis leur origine, il y a bien eu quelques cas d’éradications d’espèces, mais ils sont assez rares. Il y en a déjà d’avantage en Eurasie, mais c’est surtout en Amérique et dans les diverses grandes îles ou archipels colonisés à cette période de la préhistoire (Madagascar, Australie, Nouvelle-Zélande, Mélanésie et Polynésie) que les éradications on été, non seulement nombreuses, mais également concentrées sur des périodes très courtes.

On voit donc bien qu’il s’agit là de destructions relatives à une arrivée brutale sur un territoire inconnu, où les espèces ne sont pas adaptées à la présence humaine, et où les humains n’avaient pas la connaissance leur permettant de gérer durablement les ressources de ces territoires. Une fois les territoires des différentes tribus de collecteurs stabilisés, ces collecteurs ont dû se contenter des ressources de leur territoire, sans pouvoir se déplacer une fois les ressources épuisées, et ont donc dû apprendre à les gérer. A partir de là, les éradications de faunes dues à une chasse excessive sont devenues extrêmement rares chez les peuples de collecteurs ; une fois que ceux-ci sont «sédentarisés » (au sens où leur territoire est fixe, même s’ils sont nomades au sein de ce territoire), ils prennent soin, sans conteste, de ne pas surexploiter leurs ressources vitales.

Donc d’une certaine manière, la stabilisation des territoires permet la gestion du territoire et des ressources. Et ceci est évidemment également le cas avec la plupart des tribus d’agriculteurs ou d’éleveurs, qui gèrent leurs ressources de manière durable sur des territoires fixes. Néanmoins, de nombreux cas d’éradications d’espèces ou d’altérations environnementales sont également survenus chez des peuples agriculteurs. Elles sont de natures différentes (érosion ou altération des sols, déforestation, surpâturage, etc.), mais elles n’en sont pas moins intenses – voire même d’avantage – que celles des collecteurs, et surtout, elles perdurent jusqu’à aujourd’hui, et même s’accélèrent de manière exponentielle avec l’industrialisation de nos sociétés.

Destruction des biotopes chez les agriculteurs :

Dans les sociétés agricoles non hiérarchisées, tout comme dans celles qui sont légèrement hiérarchisées et non urbanisées (big man), en général l’environnement est assez bien géré, avec différentes méthodes selon les biotopes, et les activités industrieuses de ces peuples ne causent pas d’altérations particulières de l’environnement. Ils pratiquent une agriculture vivrière, avec en général un mode de subsistance alliant agriculture et collecte, et souvent aussi élevage. Cette agriculture vivrière nécessite une concentration des diverses sources d’alimentation dans un rayon d’action assez proche du lieu de résidence du foyer, ou de la communauté. Cette proximité des sources d’alimentation, couplée avec leur diversité, fait qu’un équilibre agro/sylvo/pastoral est toujours maintenu localement, soit par des rotations (vaines pâtures, cultures sur brûlis, etc.), soit par des associations (agroforesterie, savane arborée, horticulture, etc.). Il y a par nature, dans une agriculture vivrière, un équilibre entre la forêt, les cultures et les pâtures, et cet équilibre permet toujours d’avoir une gestion durable des biotopes.

En revanche, chez les peuples urbanisés, les choses se compliquent, et – j’ose l’affirmer : de manière systématique – les activité industrieuses causent, à moyen ou long terme, des altérations graves, la plupart du temps irréversibles, de l’environnement. Ces altérations surviennent plus ou moins rapidement suivant la capacité de résilience des biotopes, et suivant la vitesse et l’intensité du développement des industries de ces peuples urbanisés, mais on assiste toujours, tôt ou tard, à de telles altérations, qui en général finissent par causer l’effondrement de la civilisation en question. Ces altérations sont toujours les mêmes : déforestation, surexploitation des sols, auxquels s’ajoute parfois le surpâturage. Bien souvent, l’environnement, qui au départ était accueillant et productif, se retrouve au final transformé en une zone semi désertique.

Dans ce cas des sociétés urbanisées, la raison de cette absence de gestion des ressources et des biotopes (ou de la défaillance dans cette gestion) est très simple : les décideurs ne sont pas (ou plus) au contact de l’environnement. Les décideurs ne sont pas seulement les élites, qui elles aussi résident en général plutôt dans les villes, mais sont plus simplement des consommateurs, qui par leur demande, en acheminement de produits et de denrées agricoles, exercent une pression indirecte sur un biotope duquel ils se sont extraits. Pour nourrir les habitants des villes, les producteurs doivent adopter une agriculture exportatrice, et vendre tout ou partie de leur production. Bien souvent d’ailleurs, c’est par le tribut, par l’impôt, ou bien plus simplement par l’attrait de l’échange contre des produits manufacturés en provenance des villes, que les agriculteurs voisins des villes sont plus ou moins contraints de céder et/ou échanger une part de leur production, et donc pour cela d’accroître leur production. Ils augmentent donc la surface qu’ils mettent en culture ou en pâture, ce qui conduit à une augmentation de la quantité de labeur qu’ils ont à fournir. Pour compenser cette augmentation de labeur, ils adoptent une spécialisation supplémentaire, abandonnant la culture vivrière (ou bien la rendant minoritaire sur le territoire) au profit d’une monoculture, et brisant ainsi l’équilibre agro/sylvo/pastoral.

En général, c’est la forêt qui la première en pâtit, ainsi que les arbres et les haies, d’autant plus que les besoins citadins en bois de chauffe ou de construction créent une forte pression sur ces ressources. La disparition des arbres fait baisser le niveau des nappes phréatiques, ce qui nécessite alors d’irriguer de plus en plus ; les terres cultivées se salinisent, s’érodent, s’altèrent, les stocks d’humus diminuent et disparaissent, et les terres qui finissent par devenir incultes sont abandonnées aux pâtures, jusqu’à-ce que le surpâturage amène la désertification. Les consommateurs des villes, qu’ils fassent partie des élites ou non, exercent une pression toujours croissante sur l’environnement des agriculteurs qui les fournissent, car étant distants de ces zones de production, ils n’ont pas conscience de la nécessité de gérer les ressources. Ils sont donc dans l’incapacité de se contenter de ce qui est disponible dans le biotope qui les nourrit, puisque ce qui est à leur disposition n’est rien d’autre que ce que d’autres leur mettent à disposition, grâce à un acheminement des denrées, depuis les zones de production jusqu’à cette zone de consommation par excellence qu’est la ville.

D’une certaine manière, on retrouve là l’équivalent du déplacement de surexploitation de ressource en surexploitation de ressource auquel procédaient les collecteurs/explorateurs du pléistocène, sauf qu’ici, au lieu que ce soit le récolteur/consommateur qui se déplace, c’est la ressource qui, d’exploitant en exploitant, est successivement surexploitée et acheminée jusqu’au consommateur, jusqu’à la destruction du biotope. La différence, c’est qu’une fois les récolteurs sédentarisés sur des territoires fixes, ceux-ci ne détruisent plus leur biotope, au contraire ils le gèrent tout à fait durablement ; alors que l’urbanisation de la société entraîne des destructions exponentielles de biotopes, bien souvent jusqu’à la désertification.

Conclusion :

En plus d’être le lieu à l’origine de l’existence d’inégalités sociales, la ville serait donc également à l’origine de destructions exponentielles de biotopes, sans capacité aucune de gestion durable des ressources dont elle dépend. La plus ou moins longue durée de vie d’une civilisation urbaine ne dépend donc que de sa capacité à acheminer des denrées depuis un plus ou moins grand territoire dont elle exploite les ressources, et de la plus ou moins grande résilience de ces ressources exploitées. La ville, l’urbanisation, la cité, l’état, la civilisation, n’est par essence pas durable, et ne sera très certainement jamais durable.

Quand aux sociétés de cultivateurs non urbanisées, celles-ci sont durables (notamment grâce à l’agriculture vivrière qui les caractérise), et toutes n’ont pas nécessairement donné naissance à des sociétés urbanisées. Les primitivistes commettent donc sans doute une erreur lorsqu’ils considèrent que l’agriculture n’est par essence pas durable et qu’elle est la cause des maux caractéristiques des civilisations humaines. Le prochain article, le troisième article de cette série, me permettra de tenter de trouver la ou les causes de l’urbanisation de certaines sociétés agricoles, et par là donc, la cause réelle de ces maux qui caractérisent la civilisation, laquelle est aujourd’hui devenue mondiale et industrielle, et extrêmement destructrice et inégalitaire.

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7 Réponses to “La cité, idéale ?”

  1. Néolithico-partisan « Le blog mutuelliste de Ramite Says:

    […] de Ramite Le blog d'un mutualiste anarcho-individualiste « La question nomade La cité, idéale ? […]

  2. Remas Says:

    Très intéressant,
    j’ai juste le sentiment que c’est vrai ce que tu dis là.

  3. Nicollas Says:

    Les primitivistes commettent donc sans doute une erreur lorsqu’ils considèrent que l’agriculture n’est par essence pas durable et qu’elle est la cause des maux caractéristiques des civilisations humaines.

    Encore une fois, je pense que je n’ai pas compris ce que tu appelles « agriculture ». Est-ce que tu as un exemple de société agricole non horticole durable ?

    • Ramite Says:

      En fait, j’ai pas mal réfléchi à ce problème de vocabulaire autour du terme agriculture. Il me semble que le terme « horticulture » est trop restreint, et que d’autres gestions durables ont existé, notamment par la rotation, quand l’horticulture est une agriculture d’association.
      J’ai donc préféré le terme d’agriculture « vivrière », terme qui regroupe parfaitement ces différents systèmes agricoles dont le but est de nourrir ceux qui les mettent en culture, sans exportation de productions.
      Des exemples ? Pratiquement toutes les agricultures vivrières.

  4. Nicollas Says:

    Intéressant,

    j’ai toujours du mal à comprendre comment tu compartimente tout ça. Mais si tu cherches à voir les caractéristiques qui font qu’une société marche ou ne marche pas, tu as interet à essayer plusieurs façons de compartimenter, car sinon tu risques de passer à côté d’une réelle cause.

    Concernant les villes, les cités sont apparues avant la « vraie » agriculture dans le croissant fertile (la proto agriculture des vastes champs de céréales sauvages ont permis ces villages). Il me semble de même que j’avais lu que certains peuples de chasseurs cueilleurs vivaient en villages/villes là où l’abondance le permettait (grosse migration de saumons).

    Quelles sont les gestions durables non horticoles en rotation ? Perso je pense qu’une gestion horticole est possible en rotation, j’inclus la culture sur abatti-bruli la dedans par exemple.
    Peut être est-ce toi qui réduis trop l’horticulture ? Perso pour moi horticulture c’est du jardin et des forets comestibles (donc j’y inclu l’agroforesterie, la culture de tubercules …)
    A contrario, l’agriculture est caractérisée par le labour, la charrue ou tout objet de même fonction plus primitif. Donc l’apparition des champs : de céréales, de légumineuses … Et pour moi c’est plus la culture en labour que les cités qui sont responsables de tout ce qui s’ensuit.

    • Ramite Says:

      « si tu cherches à voir les caractéristiques qui font qu’une société marche ou ne marche pas, tu as interet à essayer plusieurs façons de compartimenter, car sinon tu risques de passer à côté d’une réelle cause. »
      C’est justement pour ça que j’en ai finalement fait trois articles au lieu des deux prévus.

      « Concernant les villes, les cités sont apparues avant la « vraie » agriculture dans le croissant fertile »
      ça paraît logique.

      « Il me semble de même que j’avais lu que certains peuples de chasseurs cueilleurs vivaient en villages/villes là où l’abondance le permettait (grosse migration de saumons).
       »
      Oui, mais dans ce cas il n’y a pas d’importation de nourriture, avec des producteurs qui nourrissent les citadins ; chacun se nourrit de manière autonome, et c’est la grande concentration de ressources qui permet une grande concentration de population. Donc il ne s’agit pas réellement d’une ville.

      « Peut être est-ce toi qui réduis trop l’horticulture ?  »
      Il y a aussi un souci sémantique : « agriculture » est devenu dans le langage commun un terme général regroupant toutes les formes de travail de la terre. Si tu dis que tu es contre l’agriculture, cela laisse entendre que tu n’acceptes que la collecte. Il vaut donc mieux dire que tu défends des formes d’agriculture durables, i.e. l’horticulture.

      « Et pour moi c’est plus la culture en labour que les cités qui sont responsables de tout ce qui s’ensuit. »
      On en reparlera après la troisième partie, mais pour moi, urbanisation et apparition du labour sont liés.

  5. Une anthropologie économique du transport « Le blog mutuelliste de Ramite Says:

    […] Le blog mutuelliste de Ramite Le blog d'un mutualiste anarcho-individualiste « La cité, idéale ? […]

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