L’hypothèse Gaïa, ou l’homéostasie écologiste

2° partie de la série d’articles consacrée à ma théorie de l’homéostasie libertaire.

L’hypothèse Gaïa, principes de la théorie :

L’hypothèse Gaïa est une hypothèse scientifique formulée par James Lovelock dans les années 70, qui constitue la première véritable tentative scientifique à considérer la Terre comme un système vivant, qu’il dénomme Gaïa par allégorie avec la personnification antique de la planète (notez bien qu’il s’agit de considérer la Terre comme un système vivant, et non comme un être vivant, contrairement à ce que cette dénomination, sans doute volontairement provocatrice, peut laisser entendre). Avant lui, d’autres scientifiques avaient émis l’hypothèse que la Terre puisse être comparée à un être vivant et considérée comme tel : J. Lovelock cite notamment le géologue écossais James Hutton, qui compara la circulation océanique à la circulation du sang, la circulation de l’atmosphère à la respiration de la planète, chaque être vivant à une cellule, chaque écosystème à un organe,… Mais ces hypothèses tenaient plus de l’intuition que de la science.

L’idée de départ de J. Lovelock, en revanche, consistait à dire que si la Terre était différente des autres planètes du système solaire, chimiquement parlant (notamment à propos de son atmosphère instable, mais également de par son acidité, son état d’oxydation et sa température maintenus constants, sa présence d’océans,…), c’était sans doute à cause de la vie, alors que les autres planètes avaient notamment une atmosphère stable. Peut-être donc était-ce la vie elle-même qui créait ces conditions.

J. Lovelock s’appuya alors à démontrer scientifiquement que l’atmosphère, les océans, le climat, et la croûte terrestre sont régulés pour maintenir un état favorable à la vie : la température, l’acidité, l’état d’oxydation, et certains aspects des roches sont maintenus constants. Cette homéostasie est maintenue par des processus de rétroaction active déterminés automatiquement et inconsciemment par le biote terrestre.

Les sciences de la Terre avaient pour habitude de considérer que la vie apparut sur Terre par hasard, lorsque s’y trouvèrent les bonnes conditions, et qu’elle disparaîtrait lorsque celles-ci ne s’y trouveraient plus réunies. Les sciences de la vie se contentèrent de rajouter que la vie avait également une importante faculté d’adaptation ; La géophysiologie, l’étude de Gaïa dans son environnement, rajouta que l’histoire de la vie et l’histoire de l’environnement sont totalement liées, indissociables. La géophysiologie, théorie de l’homéostasie écologiste, fusion des sciences de la vie et de la Terre, considère que l’environnement a au départ permis l’apparition de la vie, puis que celle-ci l’a alors modelé pour pouvoir s’y maintenir et y prospérer.

Le modèle de Floréale :

Lorsque J. Lovelock a pour la première fois évoqué l’idée d’une rétroaction active de la vie sur l’environnement, il a été rapidement critiqué par la communauté scientifique. Même si pour beaucoup cette idée était séduisante, la théorie d’une évolution géochimique de la Terre, avec une adaptation de la vie à sa surface, restait plus facile à accepter ; de plus, beaucoup répondaient que cette hypothèse était téléologique, c’est à dire qu’il aurait fallu qu’il y ait une sorte de consensus des êtres vivants, de conseil général planétaire pour décider de l’évolution. En tous cas, un don de voyance ou de prévision très précise serait nécessaire pour une telle régulation que celle, par exemple, du climat.

Pour pouvoir répondre à ces interrogations de la part de ses confrères, J.Lovelock a tout d’abord répondu qu’il existait à l’heure actuelle des preuves directes que la croûte terrestre, les océans, et l’air, sont soit directement produits par les objets vivants, soit grandement modifiés par leur présence. C’est à dire que l’évolution géochimique de la planète est avant tout une évolution biogéochimique, en tous cas pour la plus grande partie de celle-ci.

Et pour pouvoir répondre à ce contre-argument qui dit que l’hypothèse Gaïa est téléologique, J. Lovelock a répondu que les organismes s’adaptent en fait à un monde où l’état matériel est déterminé par les activités de leurs voisins, et ce par des phénomènes totalement inconscients de rétroaction positive ou négative. Les êtres vivants peuvent ainsi, par exemple, réguler le climat, et maintenir une température plus ou moins constante sur la planète. Pour mieux expliquer cet argument, J. Lovelock a développé un modèle, simplifié au maximum : le modèle de Floréale (Daisyworld en anglais), dont voici une description :

–    L’environnement = une seule variable, la température.

–   Le biote = un genre unique, les pâquerettes (2 sortes, des blanches et des noires), qui vivent entre 5°C et 40°C.

Modèle = fonction de l’albédo uniquement.

–    L’étoile a une luminosité qui augmente progressivement au cours de sa vie, comme la notre (pas de variations de la distance de la planète autour de son étoile : pas de variations de saisons, de périodes glaciaires,…).

On observe lors des modélisations (voir figure 1) que les pâquerettes noires, qui absorbent plus facilement la lumière du soleil, apparaissent en premier sur la planète. Leur corps peut atteindre la température minimum de vie plus facilement. Petit à petit, elles croissent jusqu’à être assez nombreuses pour réchauffer l’atmosphère, en diminuant l’albédo de la planète (c’est une rétroaction positive). Ayant réchauffé l’atmosphère, elles permettent aux pâquerettes blanches de vivre ; mais celles-ci ne peuvent pas croître en nombre trop important, auquel cas elles refroidissent l’atmosphère, et meurent. Par contre, les pâquerettes blanches permettent à l’atmosphère de ne pas trop se réchauffer à cause de la prolifération des pâquerettes noires (rétroaction négative). Les pâquerettes noires et blanches cohabitent alors pendant un certain temps, et à mesure que la luminosité de l’étoile augmente, le nombre de blanches augmente par rapport à celui des noires, afin de compenser l’augmentation de luminosité, et de rafraîchir l’atmosphère. Lorsque la luminosité de l’étoile augmente encore, les noires meurent, car elles absorbent trop de ce rayonnement et meurent de chaud. Les blanches, elles, continuent de vivre et de rafraîchir l’atmosphère jusqu’à-ce que la luminosité soit vraiment trop importante et ne leur permette plus du tout de vivre. Alors la température s’emballe, et c’est la fin de la présence de la vie sur Floréale.

(Source : Les âges de Gaïa (The ages of Gaïa), James Lovelock ; éditions Robert Laffont, Paris, 1990.)

Pour affiner cet exemple, J. Lovelock a multiplié les modélisations. Il a d’abord rajouté toute une gamme de races de pâquerettes intermédiaires, de couleurs variées, plus ou moins claires ou sombres (figure 2 = avec 20 espèces) ; ici, on s’aperçoit au passage que la diversité des espèces est maximale lorsque les contraintes sont minimales (beaucoup d’espèces poussent lorsqu’elles et leur environnement sont mutuellement adaptés : c’est la température de prédilection de la vie).

Puis, pour ne pas que ce modèle reste trop simpliste, il a également rajouté des lapins qui mangent les pâquerettes, et des renards qui mangent les lapins. En plus, il a complété son modèle avec des épidémies à intervalles réguliers, qui déciment à chaque fois 30% des pâquerettes (figure 3). L’évolution obtenue est toujours la même.

De plus, J.Lovelock s’est aperçu que l’effet des catastrophes (qu’elles soient dues à des épidémies ou à des catastrophes naturelles extérieures au système, météorites ou autres) s’amplifie aux moments de contrainte maximale, près du début et de la fin de la vie du système (figure 4 = effets d’une épidémie périodique d’intensité constante sur la capacité des pâquerettes à contrôler le climat.) : les fluctuations sont maximales lorsque le nombre d’espèces est minimal. La diversité, et la complexité d’un système, augmentent fortement sa stabilité.

(Source : Les âges de Gaïa (The ages of Gaïa), James Lovelock ; éditions Robert Laffont, Paris, 1990.)

Extension du modèle et conséquences :

Ce modèle s’est avéré pouvoir s’appliquer à de nombreux autres paramètres que l’albédo : par exemple, le rapport O2/CO2, CH4,… dans l’atmosphère, dont l’équilibre est créé de l’interaction entre les photosynthétiseurs et les animaux. Mais aussi la concentration des océans en ions calciums, régulés par le plancton et les coraux constructeurs, qui s’en servent pour en faire du calcaire, ou bien la quantité de précipitations, grâce à l’évapotranspiration, ou aux particules libérées par certaines algues, qui aident à former les gouttes en permettant la nucléation de la glace. Certaines théories soutiennent également que si la Terre a pu conserver de tels océans, c’est grâce à certaines bactéries, ou même que la tectonique des plaques s’est mise en route grâce à l’apport sédimentaire en calcaire, réduisant ainsi l’énergie et les gaz libérés par les volcans dans l’atmosphère.

Ainsi, de nombreux paramètres de l’atmosphère, des océans, du climat, et de la croûte terrestre, sont régulés par le biote terrestre pour maintenir un état favorable à la vie (température, acidité, état d’oxydation,…) ; de nombreux exemples peuvent être trouvés pour démontrer cette hypothèse. Pour mieux faire accepter l’idée qu’une chose aussi inanimée en apparence que la terre puisse être un système vivant auto-régulé, on peut faire la comparaison avec un atoll : cette île corallienne est sans aucun doute un système vivant, alors même qu’elle est morte à 99%. Cette construction  gigantesque est une très vieille tour de calcaire minéral, édifiée par l’accumulation du calcium précipité par  les ancêtres de la mince couche de cellules vivantes qui en constituent la surface. Cette image ressemble d’autant plus à la Terre si l’on considère qu’une partie non négligeable du magma est constitué par des atomes qui firent jadis partie de la biosphère.

Cette théorie impose toutefois quelques conceptions et questions :

-Tout d’abord, il ne peut y avoir d’occupation partielle d’une planète par des organismes vivants à long terme, car leur présence entraînerait nécessairement une modification de l’environnement qui permettrait à d’autres de vivre, entraînant ainsi une réaction en chaîne jusqu’à un total investissement de la planète. On ne pourrait donc trouver des îlots de vie sur une planète qu’au début ou à la fin de sa vie.

-Ensuite, on ne peut plus considérer les êtres vivants comme étant simplement capables de s’adapter à leur environnement physique et chimique, mais également comme étant capables de le modifier.

-Également, l’écologie théorique prend avec l’hypothèse Gaïa une nouvelle ampleur : Les modèles écologiques les plus stables sont ceux qui comportent la plus grande diversité biologique. Ainsi, nous n’avons plus maintenant à sauvegarder les écosystèmes des forêts équatoriales simplement pour les bénéfices de la médecine, mais pour la biodiversité elle-même, pour la santé et la prospérité de Gaïa, qui pourrait être sérieusement altérée par la déforestation et la mise en culture de ces terrains.

-Mais reste encore à se demander la place de l’humanité dans cet écosystème. J. Lovelock ne considère pas l’humanité comme un cancer, ou un parasite, car nous avons été capables durant des millénaires de nous adapter à Gaïa. Il considère plutôt que c’est la prolifération trop rapide de notre espèce par rapport aux autres qui risquera simplement de créer une catastrophe comme il y en a eu de nombreuses au cours de l’histoire de la Terre ; une sorte d’épidémie, de maladie dont la Terre se relèvera sûrement facilement. Mais très certainement aussi sans l’homme. A moins que cette catastrophe ne soit la catastrophe fatale ; car dans la figure 4, l’amplitude des variations de température vers la fin de la vie de la planète rappelle fortement celles des dernières époques glaciaires ; et la Terre a également comporté de grandes périodes beaucoup plus stables, notamment vers l’ère primaire. Ce qui signifie que la Terre est peut-être arrivée vers la fin de sa vie, et que nous pourrions être ceux qui la précipiteront à ce terme ; et ce, moins par les gaz à effet de serre que nous créons que par la destruction de la biodiversité qui empêchera Gaïa de retrouver une bonne santé. Toutefois, certains facteurs laissent supposer aussi que la Terre n’en soit pas encore à la fin de sa vie, et qu’elle puisse encore perdurer quelques temps, notamment grâce aux plantes de type C4 qui sont capables de vivre dans une atmosphère très pauvre en CO2, et donc de diminuer d’avantage sa concentration dans l’atmosphère, régulant ainsi la température du climat, et permettant à la planète de supporter un rayonnement solaire supérieur à l’actuel.

-Enfin, une autre conséquence de cette théorie, qui lui est souvent reprochée par d’autres écologistes, à juste titre à mon avis, est l’interventionnisme écologiste que propose J. Lovelock. En effet, celui-ci propose que l’humanité (ou plus exactement la science de Gaïa) devienne un médecin pour le système biogéochimique terrestre. Pour lui, la connaissance du fonctionnement de Gaïa permet d’intervenir raisonnablement sur ce système pour l’aider à maintenir son équilibre. C’est à mon avis un non-sens. Une telle théorie précise justement que les rétroactions naturelles et spontanées sont les meilleures garantes du rééquilibrage du système ; un interventionnisme écologiste ne ferait que déséquilibrer encore d’avantage le système. La meilleure chose à faire pour aider le système biogéochimique terrestre à atteindre son équilibre, c’est au contraire de cesser d’intervenir dans son fonctionnement, et surtout d’accepter et de s’adapter à ces rétroactions naturelles qui interviennent. [EDIT= Je rajoute également qu’il n’est pas question ici de légitimer les actes destructeurs de notre société thermo-industrielle, mais au contraire de délégitimer tout interventionnisme potentiel de cette même société pour contenir les problèmes créés par ces mêmes agissements, car les conséquences d’un tel interventionnisme seraient forcément encore pires que les problèmes qu’ils sont censés résoudre. Si on compare encore le système planétaire à un organisme vivant, le réchauffement climatique, pour prendre cet exemple, ne serait qu’un petit accès de fièvre sans gravité si seulement cet organisme possédait les anticorps nécessaires à son auto-médication. Or ces anticorps se trouvent dans la diversité et dans la multiplicité des interactions qui composent le système biogéochimique et bioclimatique terrestre, diversité et multiplicité qui sont très sérieusement menacées par cette même société thermo-industrielle et par cette économie capitaliste. Il ne faut donc pas chercher à intervenir encore d’avantage en utilisant ce système capitaliste et industriel, mais au contraire à maximiser la diversité et la multiplicité des relations intra-système, à l’aide d’une société elle-même diversifiée et multiple, adaptée à son environnement, et résiliente. Et une société à économie libre, sans interventionnisme, est justement celle qui détient le mieux ces avantages ; un point sur lequel je reviendrai plus en détails dans de prochains articles. ]

Une théorie écologiste de l’homéostasie libertaire :

Mais l’interventionnisme de J. Lovelock est le seul point qu’il me semble nécessaire de critiquer dans cette théorie, et l’hypothèse Gaïa est tout de même une révolution dans la conception du fonctionnement de l’écosystème global. Dans cette conception, chaque être vivant est un individu qui, librement, s’adapte selon ses choix à son environnement. Cette adaptation modifie cet environnement, et les êtres qui l’environnent réagissent en conséquences, en s’y adaptant à leur tour. Chacune de ces adaptations individuelles participe, par des phénomènes de rétroactions inconscientes, d’une co-évolution générale qui crée au final un équilibre global, stable et résilient. Mieux, ce processus inconscient est même le meilleur garant de la stabilité et de la résilience du système. La liberté de choix évolutif des êtres qui le composent, et leur capacité d’innovation et d’adaptation au milieu qui les environne, dont la viabilité sera ensuite déterminée par des processus de sélection naturelle due à la concurrence entre tous ces individus, et par la diversité de ces mêmes choix évolutifs, est à l’origine de l’équilibre du système. La liberté individuelle s’équilibre par la diversité ; l’innovation et l’adaptation s’équilibrent par la concurrence et la co-évolution.

Cette conception écologiste de la planète Terre, pour moi, est individualiste et libertaire : elle place l’individu (l’être vivant) et sa liberté au centre, et dans ce système la liberté se suffit à elle-même, sans interventionnisme ni architecte extérieur nécessaire pour équilibrer le tout. Au contraire, la liberté individuelle EST la solution, et tout interventionnisme est une erreur, génératrice de déséquilibres. Cette conception de la liberté qui se suffit à elle-même, je l’applique également désormais à l’économie, et je la généralise à tous les domaines. Une conception de l’économie où la liberté économique n’est à contraindre d’aucun interventionnisme, d’aucune régulation économique ni d’aucun privilège ; une conception de l’économie en tant que système stable et résilient, maintenu ainsi par des processus de rétroaction active déterminés automatiquement et inconsciemment par l’ensemble des agents économiques : c’est ce que je vais tenter de définir et de développer plus en détails dans les prochains articles de cette série, avant de généraliser ensuite cette théorie, pour en proposer une théorie globale de la liberté ; une théorie générale de l’homéostasie libertaire.

« L’anarchie, c’est l’ordre, sans le pouvoir. » (P.-J. Proudhon)

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12 Réponses to “L’hypothèse Gaïa, ou l’homéostasie écologiste”

  1. David Gendron Says:

    Un complément, écrit par une tenante de la droite économique. http://www.iedm.org/fr/39406-question-ludique

  2. Bobzdar Says:

    Salut Ramite!
    Je suis une nouvelle fois enchanté de lire de si belles et pertinentes théories tout en restant admiratif de ton cheminement intellectuel (qui pour autant diffère du mien sur plusieurs points).

    Je ne vais bien sur pas perdre mon temps à émettre une critique inutile de Lovelock tant son approche du « système Terre » me séduit.

    Toutefois, d’un point de vue plus anthropocentré, ne penses tu pas que cette « banalisation » (tu me pardonneras le terme) de l’action du vivant sur son environnement puisse donner légitimité aux agissements destructeurs de nos sociétés modernes?

    • Ramite Says:

      Pas du tout.
      Salut Bobzdar ; en effet je n’ai peut-être pas été suffisamment clair dans le paragraphe concernant les conséquences de sa théorie. Il ne s’agit pas, pour moi, de légitimer les actes destructeurs de notre société thermo-industrielle, mais au contraire de délégitimer tout interventionnisme potentiel de cette même société pour contenir les problèmes créés par ces mêmes agissements, car les conséquences d’un tel interventionnisme seraient forcément encore pires que les problèmes qu’ils sont censés résoudre. Si on compare le système planétaire à un organisme vivant, le réchauffement climatique ne serait qu’un petit accès de fièvre sans gravité si seulement cet organisme possédait les anticorps nécessaires à son auto-médication. Or ces anticorps se trouvent dans la diversité et dans la multiplicité des interactions qui composent ce système biogéochimique et bioclimatique, diversité et multiplicité qui sont très sérieusement menacées par cette même société thermo-industrielle et par cette économie capitaliste. Il ne faut donc pas chercher à intervenir encore d’avantage en utilisant ce système capitaliste et industriel, mais au contraire à maximiser la diversité et la multiplicité des relations intra-système, à l’aide d’une société elle-même diversifiée et multiple. Et une société à économie libre, sans interventionnisme, est justement celle qui détient le mieux ces avantages.
      Je vais éditer mon article en conséquence, ce sera plus clair.

      • Bobzdar Says:

        Salut Ramite!

        Il va de soit que je ne disais pas que TU considérais comme légitime les actes néfastes de la civilisation actuelle !

        Ce que je disais c’est qu’à partir du moment où l’on considère que le « système Terre » se rééquilibre de lui-même et que tout interventionnisme aurait des conséquences négatives (comme tu sembles le penser) ; alors toute action, quelle qu’elle soit, est légitime en tant qu’expression de la liberté de son auteur (un oiseau qui prélève une brindille pour façonner son nid, ou l’éradication de la forêt amazonienne…).

        Et j’explique que je ne suis pas d’accord sur ce point, avec cette conception négative de l’interventionnisme écologiste.

        Je vais essayer de m’expliquer.

        Aujourd’hui, la plupart des impacts de la société moderne sur l’environnement ont des répercussions globalement négatives sur la Vie. Elle domine les être vivants, les empêche d’exister, les massacre. Végétaux et animaux.
        Intervenir à l’encontre d’actes qui (justement) détruisent la biodiversité et empêchent nécessairement le ré-équilibre naturel de l’écosystème (au travers du non-respect de l’expression de la Liberté de chaque être vivant) ne peut être que bénéfique.
        Je dirais même que tant que la société « idéale » dont tu rêves et que tu décris n’existera pas, il sera pour nous un devoir en tant qu’être vivant d’agir (d’intervenir) à l’encontre des agissements négatifs d’une civilisation qui détruira tout ce qui ne lui est pas directement (immédiatement) profitable.

        En définitive, je pense que l’interventionnisme est NÉCESSAIRE aujourd’hui pour détruire ce qui nuit et pouvoir bâtir les fondations de la société, du monde de demain, où tout interventionnisme sera rendu superflu, voir négatif, grâce au retour des actions (naturelles) de rééquilibre du Vivant libéré.

        • Ramite Says:

          Bien sûr qu’il est nécessaire de s’opposer au capitalisme. Mais il est inutile et même contre-productif de le faire en utilisant des moyens capitalistes.
          Par exemple, pour sauver la forêt amazonienne, est-il envisageable d’utiliser des moyens tels que traverser l’Atlantique en avion pour se rendre au Brésil, et utiliser là-bas de l’argent qui a été mis de côté en travaillant auparavant comme employé dans une grande société multinationale, pour réaliser des actions coups de poing ou saboter des machines de déforestation, puis rentrer en Europe et retourner à un boulot d’employé du capitalisme, à une vie de consommation de produits qui sont fabriqués par ces mêmes multinationales dont les nécessités économiques légitiment la déforestation de l’Amazonie ? Est-ce efficace, ou n’est-ce pas plutôt contre-productif ?
          Ne vaut-il pas mieux plutôt S’AFFRANCHIR des produits fabriqués par ces multinationales, comme les produits carnés nourris au soja transgénique brésilien cultivé en Amazonie? Ne vaut-il pas mieux CONCURRENCER ces sociétés en consommant des produits carnés nourris avec de la production locale et propre, et soutenir des producteurs qui assument une production plus en adéquation avec ton éthique ? Ne vaut-il pas mieux créer chez toi ton jardin-forêt diversifié ou bien ton propre puits de carbone dans ton jardin, plutôt que de t’affronter à des gens ou à des sociétés dont les nécessités économiques imposent de tels agissements, et qui ne s’arrêteront pas tant qu’il y aura de la demande ?
          N’est-il pas plus efficace de contribuer à la diversification de l’économie, et donc du système biogéochimique dont l’homme fait partie, plutôt que de s’opposer à l’uniformisation tout en étant dépendant de cette même économie uniformisée, et donc en continuant ainsi de la légitimer et de l’entretenir ?
          Qui est-ce qui lutte le plus efficacement contre le capitalisme et qui contribue le plus à l’atténuation du changement climatique ? Le Philippe Poutou, militant anti-capitaliste et ouvrier chez Ford ? Ou bien le type sans prétention qui ne se déplace qu’à vélo et qui travaille et consomme dans un circuit de production/distribution local ?

  3. Bobzdar Says:

    Je ne pense pas que tu attendes de réponses particulière à toutes les questions que tu as posées tant elles relèvent de la rhétorique. Et si tu en doutais, j’aimerais te rassurer quant à ma connaissance des mécanismes du capitalisme et de ce qu’ils impliquent.

    C’est pourquoi je n’ai pas parlé de combattre le capitalisme avec les outils du capitalisme.

    Je ne sais pas pourquoi tu es parti dans cette direction donc je vais reformuler ce qu’il me semble important de débattre.

    Selon moi, l’interventionnisme écologique devient superflu (voir négatif) lorsque l’intégralité des êtres vivants peuvent agir librement pour alimenter les mécanismes de rééquilibre naturels de l’écosystème.

    Or, dans le contexte actuel (celui qui, j’espère, précède la société dont tu rêves), la domination de l’Homme atteint un tel paroxysme qu’elle empêche et détruit le fonctionnement de ces mécanismes de rééquilibre directement basés sur la liberté du Vivant.

    Donc j’ai du mal à concevoir qu’il puisse être négatif d’« intervenir » à l’encontre de la domestication.
    De ce que je comprends, je serais plus du coté de Lovelock sur ce point.

    Qu’en penses-tu ?

    Est-ce que notre divergence de point de vue est purement théorique ou bien est-ce que certaines données biogéochimiques m’échappent ?

    • Ramite Says:

      Il faudrait d’abord que tu me précises ce que tu entends par « intervenir à l’encontre de la domestication ». Parce que j’ai bien l’impression que notre désaccord n’est que sémantique.

  4. Bobzdar Says:

    Le problème est sémantique…

    Et j’aurais certes dû commencer par là :

    « L’interventionnisme est une politique par laquelle l’État participe à l’économie du pays quand cela lui paraît nécessaire pour protéger les intérêts des citoyens ou y développer des aspects de l’économie ou du social. »

    Je ne concevais pas l’interventionnisme (au sens stricte, économique) comme une action émanant nécessairement de l’État.
    Tout est plus clair.

    Je suis seul responsable de ce quiproquo et n’ai maintenant plus rien à « reprocher » à ta théorie!

    Merci.

  5. Bobzdar Says:

    [Je viens à peine de voir que tu avais déjà édité ton commentaire et trouvé la racine du problème!]

  6. Brouckaert Yves Says:

    Très belle démonstration, scientifique et imparable.

    Mais tu parles de la liberté de tous, me semble-t-il, puis de la liberté de chacun de rouler à vélo et de produire et de consommer sain et local.

    Très bonne initiative.

    Comment penses-tu pousser les populations à suivre ton raisonnement ?

    Je crois que l’Homme poussera son interventionnisme destructeur, quitte à « jeter le tout contre la falaise », au risque de disparaître avec l’eau du bain, même s’il sait que cela entraînera sa perte. « Après moi, le Déluge ».

    • Ramite Says:

      Je reviendrai sur la question de la méthode plus tard, dans un prochain article. Néanmoins, sans subventions et sans interventionnisme, la donne serait déjà changée. Par exemple, dans ce cas, les produits agricoles cultivés en bio seraient moins chers que les produits cultivés en pétro-chimie.

  7. Brouckaert Yves Says:

    Bien entendu, Ramite, mais pour l’instant, les prix en bio sont très nettement supérieurs,
    Pour les « petits revenus », le bio reste inaccessible.

    Mais si l’on parvenait à supprimer ou à modifier la répartition de la PAC, interventionnisme par excellence et toutes autres interventions, la donne serait effectivement changée du tout au tout, mais il faudra compter sur des oppositions féroces.

    Et, pour le reste, on peut compter sur les grands lobbyes pour trouver les parades nécessaires à la perpétuation de la situation actuelle.

    J’attends avec impatience ton « Discours sur la méthode » (rires).

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