Principes mutuellistes de la libre économie

Voici maintenant la troisième partie de ma série d’articles consacrée à ma théorie de l’homéostasie libertaire.

Après l’exemple de la théorie de l’homéostasie écologiste, voici désormais un article consacré au domaine économique. Il s’agit donc de rentrer dans le vif du sujet (et de se faire beaucoup d’ennemis, tant à gauche qu’à droite), puisque le mutuellisme est une théorie économique centriste, qui déplaît aux gauchistes de par son positionnement en faveur de la libre économie et de l’initiative individuelle, et qui déplaît également aux gens de droite de par son positionnement contre la propriété privée et le capitalisme. Le mutuellisme est également un mutualisme spécifiquement anarchiste, et qui déplaît donc à tous les étatistes, de gauche comme de droite, puisqu’il se positionne résolument contre tous les principes d’autorité, de coercition ou d’interventionnisme, fussent-ils parfaitement démocratiques ou pavés de bonnes intentions. Voici donc, dans cet article, une vulgarisation de la principale théorie constitutive de ce courant économique anarcho-centriste qu’est le mutuellisme de libre économie, celle de la théorie de la valeur-travail en libre économie.

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L’offre et la demande :

La principale différence entre un économiste de gauche et un économiste de droite provient en général d’un désaccord tout à fait fondamental en ce qui concerne les relations entre l’offre et la demande. Les économistes de gauche, de leur côté, pensent que, dans notre société, c’est l’offre qui crée la demande, c’est-à-dire que ce sont les acteurs économiques qui créent des besoins auprès des consommateurs en créant des produits ou services qui ne leur sont à priori pas nécessaires (puisque la disponibilité des produits de première nécessité est considérée comme étant depuis longtemps acquise), puis en les proposant à ces consommateurs par des techniques de publicité voire de manipulation, afin de générer chez eux un besoin envers ce nouveau produit ou service, qui les poussera à en consommer.

Pour un économiste de gauche, pour un marxiste ou un néo-marxiste, les consommateurs sont donc manipulés par les producteurs, et de ce fait le profit du producteur est une tare, qu’il faut réprimer ou éviter, puisque la recherche de profit pousse les producteurs à outrepasser leurs droits vis-à-vis des consommateurs qu’ils manipulent alors, au lieu de se contenter de subvenir à leurs besoins de première nécessité, lesquels besoins seraient les seuls à être réclamés par les consommateurs si ces derniers n’étaient absolument pas manipulés, et soumis à aucune tentation de la part du marché.

En général, ces économistes de gauche préconisent donc de rééquilibrer ce rapport de force, en soutenant la demande (augmentation des salaires ou des cotisations), et en protégeant d’avantage les salariés et/ou les précaires (code du travail, minima sociaux, allocations, retraites, etc.). Mais offre et demande étant intrinsèquement liées, il est bien évident que cela n’a pour effet que de se répercuter sur l’offre, et donc de favoriser ceux qui ont les moyens d’y répondre. On assiste donc, à chaque fois que de telles politiques sont mises en place, à une augmentation des profits des producteurs, et donc à la croissance du patrimoine et de l’influence de ceux qui en possèdent déjà, et donc au final, à une augmentation de ces inégalités qu’elles sont pourtant censées faire diminuer.

« Quand on pense qu’il suffirait que les gens arrêtent de les acheter pour que ça ne se vende plus. » (Coluche)

« Quand on pense qu’il suffirait que les gens arrêtent de les acheter pour que ça ne se vende plus. » (Coluche)

En revanche, les économistes de droite, les libéraux ou les néo-libéraux, considèrent plutôt que c’est la demande qui fait l’offre, et que si un produit est commercialisé, c’est qu’il est demandé, ou potentiellement demandé, donc que ce sont les consommateurs qui en éprouvent le besoin réel, dans les conditions qui sont les leurs à un instant et un lieu particulier, à minima de manière sous-jacente, jusqu’à-ce que ce besoin soit satisfait. Pour ces économistes de droite, le profit n’est donc qu’une juste rétribution pour celui qui a eu le talent et l’audace de proposer le bon produit ou service aux consommateurs au bon endroit, au bon moment et dans les bonnes conditions. Le profit, puisqu’il offre notamment une motivation à la prise de risques, est, selon eux, ce qui permet l’innovation nécessaire à la satisfaction des consommateurs, et donc doit être valorisé.

Toutefois, cette exaltation du talent de l’entrepreneur pousse certains de ces économistes à aller jusqu’à attribuer une valeur de mérite à ceux qui sont en capacité de générer du profit. Ils préconisent donc de mettre en place des politiques destinées à les soutenir et à les favoriser (allègements fiscaux et sociaux, subventions, baisse du coût du travail, etc.), afin qu’ils puissent développer au mieux leurs capacités de répondre aux désirs et aux besoins des consommateurs, et donc qu’ils puissent contribuer ainsi au mieux à leur satisfaction et à leur épanouissement.

Bien évidemment, de telles politiques n’ont pas l’effet escompté, puisqu’en favorisant les détenteurs de capital on favorise la concentration du capital, donc on accroît les phénomènes de rentes et de spéculations (parfois même on génère des situations de monopoles), phénomènes qui génèrent au final des augmentations de prix des biens et services ; augmentations qui compensent alors largement les maigres baisses de coûts obtenues par les gains de productivité recherchés. De plus, en concentrant le capital, on accroît les inégalités, par la diminution du nombre de détenteurs de capital (et donc de générateurs de profits), et par l’augmentation du nombre de salariés, anciens petits détenteurs de capital alors contraints d’aller vendre leur force de travail sur le marché de l’emploi (et donc on augmente la main d’œuvre disponible, ce qui a pour effet de tirer les salaires vers le bas).

La conséquence séculaire de ces deux types de politiques économiques successivement préconisées et instituées, de ces deux politiques successives de l’offre ou de la demande, conduit aujourd’hui à l’obtention de ces conditions socio-économiques particulières, déséquilibrées et inégalitaires, qualifiées alors rétrospectivement de « système capitaliste ». Mais ce « système capitaliste » n’est en réalité que la conséquence, le résultat visible, de l’imbrication successive de ces deux types de politiques économiques malheureusement bien trop complémentaires, et n’est pas du tout le résultat de la victoire plus ou moins importante de l’un de ces deux camps sur l’autre.

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L’affrontement permanent de ces deux idéologies vainement opposées paraît alors bien ridicule, et c’est pour cela que les mutuellistes ne se revendiquent ni d’une politique de l’offre ni d’une politique de la demande, ni de droite ni de gauche, mais qu’ils se placent plutôt dans une position centriste. Les mutuellistes considèrent en effet que les relations économiques ne sont pas déterminées par la relation entre l’offre et la demande, mais par la valeur-travail, et surtout que les profits ne doivent être ni valorisés ni supprimés, mais équilibrés.

Paragraphe

La théorie de la valeur travail :

Pour un mutuelliste de libre économie, ce qui détermine le lien économique ne se trouve pas dans cette relation entre l’offre et la demande, ni dans un sens ni dans l’autre. Ce qui détermine le lien économique entre le producteur et le consommateur, c’est en réalité la valeur de leur travail, ou plutôt l’équilibre, en terme de coût/bénéfice, ou plutôt d’utilité/désutilité, entre le travail fourni par le producteur pour proposer un bien ou un service, et le travail fourni en contrepartie par le consommateur pour obtenir ce produit ou service. Il ne s’agit alors pas pour le producteur d’un profit mais d’une rétribution de son travail, et pour le consommateur il ne s’agit pas d’un besoin à satisfaire, qu’il soit choisit ou induit, mais d’un travail qu’il préfère voir effectué par un spécialiste plutôt que par lui-même, en échange d’un autre travail de spécialiste que lui-même peut fournir en contrepartie.

La vente d’un produit ou service est donc le résultat, non pas du souhait de l’un ou de l’autre, mais d’un accord réciproque entre les deux parties, où des quantités de travail équivalentes sont échangées, dans un rapport équilibré par l’utilité et la désutilité de ce travail fourni ou à fournir. Ce qui détermine ce lien économique, c’est donc un contrat mutuel sur la valeur du travail, et l’échange, sur la base de ce contrat mutuel, de quantités de travail, entre des acteurs qui sont tous, à la fois des producteurs et des consommateurs. Ce ne sont donc ni l’offre ni la demande qui créent le lien économique entre les différents acteurs, mais la valeur travail. Et les profits sont donc en théorie inexistants, puisque équilibrés entre les différentes parties.

Cette théorie de la valeur travail, énoncée en ces termes par Adam Smith, a néanmoins été reprise par des économistes de gauche, qui ont considéré qu’elle ne pouvait s’appliquer que dans un cadre non marchand, établi spécifiquement selon les termes de ce contrat, et planifié par les travailleurs ou par l’autorité sensée les représenter. Ce fut sans doute Proudhon qui, le premier, considéra en ce sens que les prix devaient être volontairement alignés sur les coûts du travail, de manière à supprimer les rentes, et que les rémunérations horaires du travail devaient être strictement égalitaires, de manière à égaliser les profits générés par les différents producteurs (j’ai déjà parlé de cela dans un article précédent, puisque cette proposition était celle à laquelle j’adhérais alors). Plus tard, il ajouta néanmoins à cette proposition des différences de productivité, ou de qualité, pouvant être appliquées à ces rémunérations horaires de travail, de manière à faire tendre plutôt ces contrats vers une rémunération égalitaire « à la tâche », donc à qualité égale. Dans cette vision des choses, les différents acteurs économiques devraient se mettre librement et réciproquement d’accord sur les montants de ces rémunérations, localement (au sein de chaque confédération à laquelle ils adhéreraient), et s’échanger librement, selon les termes de ces contrats d’adhésion libre, les marchandises et services individuellement produits.

Marx, qui fût à ses débuts fortement influencé par Proudhon, se revendiqua lui aussi de cette théorie de la valeur-travail, mais il ajouta par contre la nécessité de monopole d’une unique association internationale des travailleurs au sein de laquelle la valeur égalitaire du travail serait collectivement décidée. Dans cette vision, la propriété individuelle et la confédération des producteurs deviennent obsolètes, puisque les travailleurs sont organisés dans une seule et unique méga-entreprise dont ils sont collectivement propriétaires et à la fois dont ils sont tous les clients. Et la théorie de la valeur-travail devient ici une théorie qui considère le travail comme totalement indépendant de la propriété, ce qui élimine totalement les possibilités de profits et de rentes (et cette volonté de supprimer le profit en fait évidemment une théorie économique d’extrême gauche, alors que la proposition Proudhonienne destinée à équilibrer les profits est plutôt centriste).

Mais ces deux visions, celle de Proudhon et celle de Marx, sont toutes les deux des théories de la valeur-travail qui préconisent d’aligner volontairement les prix sur les coûts de production. Il s’agit donc dans les deux cas d’un planisme, d’une économie planifiée, qui dans le cadre proudhonien a lieu dans un circuit d’adhésion libre, au sein d’une association de producteurs qui s’échangent mutuellement leurs produits selon la base de ce contrat, et qui dans le cadre marxiste se fait au sein d’une association internationale unique et monopolisée, bien qu’organisée en démocratie directe. (Notons au passage qu’il s’agissait bien ici, dans les deux cas, d’une planification volontaire de l’économie, soit par la libre adhésion soit par la gestion directe des travailleurs, et non d’une planification imposée et gérée autoritairement par l’état comme ce fût le cas dans les régimes autoritaires du XX°siècle, bien qu’ils se revendiquaient de Marx).

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LTV et libre économie :

Kevin Carson, mutuelliste de libre économie, reprend au contraire la LTV (Labour Theory of Value, Théorie de la valeur-travail) dans son expression fondamentale, celle de Smith, c’est à dire dans une économie libre, non planifiée. Dans son essai « Studies in mutualist political economy », il explique qu’en libre économie, dans le modèle du libre marché, l’équilibre entre l’offre et la demande revient à l’expression de l’équilibre entre l’utilité et la désutilité du travail, et donc à la valeur du travail (c’est-à-dire que les acteurs économiques n’acceptent l’effort du travail que tant que les bénéfices qu’ils en retirent (l’utilité) sont supérieurs aux inconvénients de cet effort (la désutilité)). Les profits sont équilibrés par la liberté économique et la concurrence, et les prix deviennent équivalents à des coûts, précisément aux coûts du travail nécessaire aux productions de biens et services.

En effet, un producteur qui proposerait à la vente ses produits et services en y ajoutant des bénéfices trop importants, serait alors plus cher que ses concurrents qui seraient enclins à accepter de faire moins de bénéfices, à partir du moment où ils ont la possibilité de produire ces mêmes biens et services à un niveau de productivité équivalent (cela détermine d’ailleurs également le niveau moyen de productivité d’un marché économique). Ainsi, le niveau moyen de bénéfices extraits par les producteurs sur leurs ventes, donc le niveau moyen de leurs revenus, est équilibré par la concurrence et la liberté d’entreprendre.

« Comme Dobb l’a montré, c’est en considérant la désutilité subjective, l’effort ou le désagrément, plutôt que le temps, comme base de la quantité, que nous devons faire des prix du marché la seule norme objective pour la comparaison des quantités de travail. Néanmoins, cette vulnérabilité n’est qu’apparente. La différence est que, contrairement aux ratios de Marx sur le travail simple et complexe, nous ne comparons pas un ensemble de données à un autre dans un processus circulaire. Nous affirmons avant tout, sur la base d’une compréhension axiomatique de la nature humaine, que l’effort subjectif est la base de toute valeur d’échange ; les dérogations à ce principe, causées par des rentes de rareté, sont un phénomène secondaire. Une fois accepté la primauté de ce principe selon lequel le travail est la base de la valeur d’échange, on peut alors expliquer pourquoi le travail produit  sera distribué en fonction du degré de désutilité du travail.

Dis d’une autre manière, nous pouvons considérer la loi du coût comme base du prix, et de là, éliminer systématiquement tous les facteurs secondaires qui ont un prix uniquement lié à la rareté artificielle, pour restreindre le travail à sa seule création propre de valeur d’échange (au minimum pour les prix d’équilibre de l’offre de biens élastiques). »

(Kevin Carson, Studies in mutualist political economy, chapitre 2 : une refonte subjective de la théorie de la valeur-travail (traduction personnelle))

 Le lien économique entre les individus ne se trouve pas dans la relation entre l’offre et la demande, dans un affrontement entre producteurs et salariés, ou entre producteurs et consommateurs, mais dans une relation d’équilibre entre des travailleurs qui sont à la fois des consommateurs et des producteurs, et qui s’échangent leurs produits dans un rapport équilibré par la désutilité de leur travail respectif. Il s’agit d’un contrat individuel entre deux acteurs économiques qui s’accordent librement sur un prix ; sans contrainte d’aucune des deux parties, le prix peut alors être fixé selon un juste consensus, c’est-à-dire selon la valeur de leur travail respectif, avec un équilibre entre les profits des deux acteurs économiques.

Kevin A. Carson

Kevin A. Carson

C’est donc par les mécanismes du marché, ceux de la liberté économique, que Kevin Carson propose d’équilibrer les profits ; par une théorie de la valeur-travail appliquée à la libre économie, sans aucune planification, fusse-t-elle volontaire. Seulement, ce n’est vrai qu’en contexte de libre économie, et donc sans tout un tas de contraintes qui faussent la situation économique, en restreignant la liberté économique ou bien en favorisant certaines actions économiques plutôt que d’autres. Dans une réelle situation de concurrence libre et non faussée, sans aucuns privilèges ni monopoles permettant d’extraire des rentes sur le travail, de concentrer le capital, ou de faire de la spéculation et des plus-values.

Or, c’est justement là que se distinguent le modèle du libre marché et le capitalisme : le libre marché n’a lieu que dans un contexte modèle d’où sont absentes toutes formes de contraintes, et donc dans lequel aucun phénomène de rente ne saurait émerger sans être aussitôt compensé par des phénomènes de rétroactions économiques (la concurrence) ; alors que le capitalisme est un système où l’économie est soumise à un grand nombre de contraintes et/ou de législations, et qui fonctionne conjointement à de nombreux services publics, et donc où des phénomènes de rentes sont générés par des privilèges législatifs et/ou des avantages financiers ou logistiques. Dans ce contexte d’une économie mixte, dans ce contexte capitaliste, on assiste plutôt généralement à une « privatisation des bénéfices » et à une « socialisation des coûts », en faveur d’une oligarchie économique qui en est alors la grande bénéficiaire, plutôt qu’à une situation de « concurrence libre et non faussée », sensée bénéficier à tous.

Le capitalisme peut donc être considéré comme un système fonctionnant sur des privilèges, privilèges qui offrent systématiquement l’avantage économique à l’oligarchie des détenteurs de capital. C’est la défense de ces privilèges, ou au contraire l’opposition à ces privilèges, qui permet de faire la nécessaire distinction entre les capitalistes d’un côté et les partisans de la libre économie de l’autre. Et c’est la dénonciation d’un nombre plus ou moins important de ces privilèges, qui fait la différence entre les différents défenseurs de la libre économie, qui va des libéraux aux mutuellistes, en passant par les différentes tendances libertariennes et minarchistes : les libéraux ne s’opposent qu’à quelques rares privilèges d’état sur l’économie (aux monopoles d’état, principalement), alors que les libertariens s’opposent à presque tous les privilèges oligarchiques, notamment à tous ceux qui utilisent l’état et ses capacités d’interventionnisme et de coercition. Enfin, certains privilèges oligarchiques, notamment la propriété privée ou bien encore les brevets, ne sont remis en cause que par les mutuellistes (bien que certains libertariens s’opposent également aux brevets). Dans le prochain article de cette série je décrirai plus en détail ce « système des privilèges » qu’est le capitalisme, et les privilèges auxquels je m’oppose.

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4 Réponses to “Principes mutuellistes de la libre économie”

  1. Remas Says:

    Salut Ramite
    Je ne savais pas que les mutuellistes s’opposaient aux brevets. Je trouve qu’il y a quand même une certaine utilité aux brevets, cela pousse à la recherche, c’est un peu comme le profit, c’est la carotte qui te permet de faire des recherches et de développer de nouvelles techniques, machines, logiciels…
    Puisque si une fois que tu as dépensé plein de temps et de tunes pour développer quelque chose de nouveau, n’importe qui peut récupérer ce que tu as fait sans contrepartie financière. C’est un peu le déclin des centres de recherches. Enfin je pense.
    Et puis de toute façon, il y a les licences libres pour ceux qui veulent faire du développement sans brevet.

    Je pense qu’il est important de préserver un monopole de quelques année pour les nouveautés grâce aux brevets. C’est cela qui permet d’avoir une certaine sécurité pour rembourser les investissements qu’on a mis dans la recherche et développement.
    Je me dis que plus personne ne va rien faire si la propriété privé n’est pas assuré. Sérieux.
    C’est pas très long 20 ans quand même mais ça permet le développement de nos sociétés j’ai l’impression.

    En tout cas, le copyright est super important. Est-ce que vous le remettez en cause aussi ?

    • Ramite Says:

      Salut Remas,
      La recherche peut tout à fait se faire sans les brevets, les droits d’auteurs et le copyright. Ces lois ne sont pas destinées à faire en sorte que n’importe qui puisse faire ses propres recherches et se rembourser ses propres investissements, mais à étendre le monopole de ceux qui en ont déjà. Elles servent les grosses entreprises qui peuvent payer des chercheurs qui leur permettront ensuite d’obtenir des monopoles sur d’éventuels profits à venir, donc elles sont génératrices d’un cercle vicieux de concentration de capital intellectuel. Jamais elles n’ont servi à aider des chercheurs indépendants à trouver des solutions pour concurrencer les entreprises détentrices de monopoles, elles n’ont toujours servi qu’aux grosses entreprises à acheter ces chercheurs.
      De plus, je ne suis pas contre une prise de défense de l’authenticité d’un produit ou d’une technologie, mais je suis contre le fait que pour cela il faille continuer à entretenir un système répressif avec des juges, des tribunaux, des flics, etc., payés par les contribuables (donc par les pauvres, bien sûr). Les organismes indépendants de certification et d’authentification, par exemple, sont à mon avis amplement suffisants, et leurs coûts ne sont pas externalisés par les entreprises (contrairement à ceux des brevets). Libre à chacun ensuite de consommer la marque originelle ou bien celle d’un concurrent suivant ses propres critères de préférence.
      Et puis, les brevets ne génèrent qu’une recherche unidirectionnelle, celle de l’économie et de la rentabilité, ce qui déséquilibre la recherche, alors que par exemple la recherche fondamentale devrait être à égalité avec elle, voire la précéder. Dans une économie libre, les chercheurs seront uniquement des passionnés, et les passionnés choisissent ce qui les passionnent, rentabilité ou pas.

  2. vbjcdkjsckjsbkd Says:

    Le lien économique entre les individus ne se trouve pas dans la relation entre l’offre et la demande, dans un affrontement entre producteurs et salariés, ou entre producteurs et consommateurs, mais dans une relation d’équilibre entre des travailleurs qui sont à la fois des consommateurs et des producteurs, et qui s’échangent leurs produits dans un rapport équilibré par la désutilité de leur travail respectif. Il s’agit d’un contrat individuel entre deux acteurs économiques qui s’accordent librement sur un prix ; sans contrainte d’aucune des deux parties, le prix peut alors être fixé selon un juste consensus, c’est-à-dire selon la valeur de leur travail respectif, avec un équilibre entre les profits des deux acteurs économiques.
    Ramite

    Tout se passe dans une relation d’équilibre, alors les rapports entre acteurs économiques sont équilibrés et puisque les rapports entre acteurs économiques sont équilibrés tout se passe dans une relation d’équilibre.

    Kevin A. Carson tourne en rond dans son raisonnement, c’est une tautologie. Cela se voit d’autant mieux qu’il n’étudie pas de cas de déséquilibre entre les acteurs économiques.
    Si un planteur de tabac essaie de négocier le prix de son tabac avec une multinationale du tabac, il n’arrivera à rien, puisque les multinationales du tabac sont peu nombreuses et hégémoniques sur le marché et se font une concurrence très atténuée, alors que les nombreux producteurs de tabac sont mis fortement en concurrence par les multinationales.

    La multinationale dit au petit producteur de tabac : « Le prix cette année est de tant » et le producteur ne peut que s’incliner ou cesser de produire du tabac.

    C’est donc par les mécanismes du marché, ceux de la liberté économique, que Kevin Carson propose d’équilibrer les profits ; par une théorie de la valeur-travail appliquée à la libre économie, sans aucune planification, fusse-t-elle volontaire. Seulement, ce n’est vrai qu’en contexte de libre économie, et donc sans tout un tas de contraintes qui faussent la situation économique, en restreignant la liberté économique ou bien en favorisant certaines actions économiques plutôt que d’autres. Dans une réelle situation de concurrence libre et non faussée, sans aucuns privilèges ni monopoles permettant d’extraire des rentes sur le travail, de concentrer le capital, ou de faire de la spéculation et des plus-values.
    Ramite

    Pour qu’il y ait une concurrence libre et non-faussée, qui s’oppose à la tendance des acteurs à s’entendre pour minimiser leurs efforts tout en maximisant leurs profits, il faut empêcher certains acteurs économiques patronaux de s’entendre et de constituer des cartels ou des monopoles, c’est à dire qu’il fait une Autorité de la Concurrence pour surveiller et contrecarrer les ententes et rendre inefficace les ententes entre ouvriers, entre salariés en créant par exemple un état d’insécurité par un niveau de chômage n’accélérant pas l’inflation, c’est à dire piloté par la politique menée par la Banque Centrale. Cette fameuse « concurrence libre et non-faussée » entre entreprises au cœur de tous les traités européens récents n’empêche nullement la plus-value tirée du travail qu’empochent les actionnaires des entreprises. Kevin A. Carson ne s’occupe nullement du déséquilibre entre le dirigeant d’entreprise et le salarié lors de la signature du contrat de travail qui donne un support juridique à l’extraction de la plue-value tirée du travail et empochée par les actionnaires via l’entité « entreprise ».

    Ce n’est pas trop original de d’énoncer que cette « théorie » économique est celle du renard libre dans le poulailler libre et qu’elle veut nous faire prendre pour des vessies anarchistes des lentilles capitalistes.

    • Ramite Says:

      « Kevin A. Carson tourne en rond dans son raisonnement, c’est une tautologie. Cela se voit d’autant mieux qu’il n’étudie pas de cas de déséquilibre entre les acteurs économiques. »

      Vous parlez sans connaissance de cause. Je vous invite à le lire. Carson étudie de nombreux cas de déséquilibre entre les acteurs économiques.

      « Kevin A. Carson ne s’occupe nullement du déséquilibre entre le dirigeant d’entreprise et le salarié lors de la signature du contrat de travail »

      Idem, c’est de loin un faux procès que vous lui faites.

      « Pour qu’il y ait une concurrence libre et non-faussée, qui s’oppose à la tendance des acteurs à s’entendre pour minimiser leurs efforts tout en maximisant leurs profits, il faut empêcher certains acteurs économiques patronaux de s’entendre et de constituer des cartels ou des monopoles »

      Non, il faut les concurrencer en maximisant les efforts et en minimisant les profits.

       » Cette fameuse « concurrence libre et non-faussée » entre entreprises au cœur de tous les traités européens récents »

      Ah ah ah !!! Vous en avez de bonnes ! 😀

      « l’extraction de la plue-value »

      La plus-value, ça n’existe pas. ça n’existe que dans le constructivisme marxiste.

      « cette « théorie » économique est celle du renard libre dans le poulailler libre et qu’elle veut nous faire prendre pour des vessies anarchistes des lentilles capitalistes. »

      Lieu commun. Mais vous avez sans doute raison, Carson est sans doute un espion capitaliste au service du grand patronat ! 😀

      Merci pour tout, j’ai bien ri ! :-p

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