Les privilèges et leur origine

Avant d’étudier plus en détails les privilèges constitutifs du système capitaliste, il convient de s’intéresser tout d’abord à leur origine. Car à gauche comme à droite, nombreux sont ceux qui s’accordent à dire que c’est par un « processus naturel » que les riches sont aujourd’hui riches, et que les pauvres sont pauvres ; par les mécanismes du marché, à partir d’une appropriation originelle légitime (le premier à avoir occupé les terres). Certains s’en réjouissent, à droite, voire glorifient ces mécanismes d’accumulation ; et d’autres s’en indignent, à gauche, et cherchent à contrer ce phénomène. Mais le caractère naturel de ce processus n’est en réalité qu’un grand mythe ; ce processus n’a rien de naturel.

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Le grand mythe de l’accumulation primitive :

Du côté de la droite, en général, on pense de toutes façons que ce phénomène d’accumulation du capital n’est pas un souci, puisque l’argent est tôt ou tard redistribué par la consommation et les investissements des riches, qui ainsi donnent du travail aux pauvres. Ce phénomène serait donc bénéfique, puisqu’il permettrait aux personnes possédant le talent nécessaire, d’utiliser au mieux le capital pour créer de la richesse, et ainsi d’offrir du travail (et donc un revenu) à ceux qui en ont moins, ou qui sont dans l’incapacité de créer de la richesse et/ou d’utiliser correctement leur capital. De plus, comme les plus fortunés offrent en général du travail aux plus offrants, ils l’offrent donc en priorité aux plus nécessiteux, et permettent donc à ceux-ci de vivre dans de meilleures conditions que s’ils étaient simplement livrés à eux-mêmes.

Mais selon cette vision du processus d’accumulation, cette redistribution ne se ferait que sous la forme de travail, de services, et non de ressources. Le processus d’accumulation du capital serait donc générateur de phénomènes de raretés, et donc de pressions sur ceux qui ne possèdent pas de capital, par l’absence de choix qui leur incombe, et par la rente qui peut ainsi leur être extorquée. Or, si la consommation redistribue des services et des revenus mais en revanche concentre le capital, alors c’est que ce phénomène d’accumulation est bel et bien un cercle vicieux, et que la détention du capital s’entretient de lui-même, rendant impossible l’accès au capital des non possédants, et nuisant donc au renouvellement de la classe des talentueux créateurs de richesses. Défendre ce processus d’accumulation n’a alors pas de sens.

Du côté de la gauche, en général, cette théorie de l’accumulation primitive du capital génère au contraire une volonté de mettre fin à ce processus, en collectivisant le capital et les moyens de production. Cette collectivisation est sensée enrayer ce cercle vicieux de concentration du capital, et elle y parvient d’ailleurs évidemment, puisqu’elle interdit toute propriété individuelle des moyens de production, et donc par là tout processus d’accumulation individuelle. Mais elle suppose alors également, et malheureusement, de rejeter toute initiative individuelle, et donc par là de rejeter la grande majorité des possibilités de création de richesse, qui se fait via l’exercice des talents individuels. Le résultat qui s’en suit est que c’est l’ensemble de la création de richesse qui s’en trouve largement diminuée. De plus, la bureaucratie nécessaire pour substituer au marché une planification collective à grande échelle génère des coûts importants qui nuisent encore d’avantage à la création collective de richesse, coûts qui sont proportionnels à la taille de l’économie à planifier.

En réalité, ces deux approches sont aussi bien l’une que l’autre dans l’erreur, puisqu’elles se situent toutes les deux dans un contexte de processus d’accumulation primitive du capital, l’une pour la défendre, l’autre pour s’y opposer. Mais en fait ce processus n’est rien d’autre qu’un grand mythe.

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Ou du moins, ce n’est en tout cas pas par un processus naturel que cette accumulation a été rendue possible, ce n’est pas par les mécanismes spontanés du marché, mais par un processus de coercition : c’est « dans les larmes et le sang » qu’il a été obtenu. Par l’action coercitive de l’état et de son autorité, financé par les impôts, c’est-à-dire par l’argent de tous, y compris et surtout par l’argent des opprimés (les impôts payés par les pauvres rapportent toujours beaucoup plus de recettes que les impôts payés par les riches). Y compris par les politiques de gauche, destinées pourtant à rétablir les injustices ou à les compenser.

Ce mythe arrange les économistes de droite, puisqu’il légitime la répartition actuelle de la propriété du capital en lui donnant une origine naturelle et spontanée, et induit en erreur les économistes de gauches qui cherchent absolument à enrayer ce processus en rejetant le marché et la propriété individuelle du capital.

L’origine des privilèges :

En réalité, ce processus n’a pas été engendré par le marché, mais par la coercition, par la création et l’entretient de privilèges qui ont généré puis entretenu la « fortune » d’une classe de possédants. Ce processus n’a donc rien de spontané, rien de naturel : ce n’est autre qu’un vol, en bande organisée, et qui a lieu depuis la fin du Moyen-Âge et le début de la « renaissance » (la renaissance des états, pourrait-on dire) ; et qui se poursuit encore aujourd’hui :

« Le mythe capitaliste de l’accumulation primitive ne peut pas tenir debout, ni face à la logique ni face à la preuve de l’histoire. Oppenheimer a démontré l’impossibilité d’une telle accumulation primitive par des moyens pacifiques. L’exploitation n’a pas pu surgir dans une société libre simplement par les mécanismes du marché. […]

Le capitalisme, cette nouvelle société de classe provenant directement de l’ancienne société de classes du Moyen Age, a été fondé sur un acte de vol aussi massif que son précédent que fut la conquête féodale de la terre. Il a été rendu possible jusqu’à présent par l’intervention de l’Etat destinée à protéger son système de privilège, sans laquelle sa survie est inimaginable. La structure actuelle du capital et l’organisation de la production dans notre soi-disant « économie de marché », reflète l’intervention coercitive originelle et externe de l’État sur le marché. Dès le début de la révolution industrielle, ce que l’on appelle avec nostalgie le «laissez-faire» était en fait un système continu d’intervention de l’État par la subvention de l’accumulation, par le privilège de garantie, et par le maintient de la discipline au travail.

En conséquence, l’apport le plus important pour le capitalisme moderne d’entreprise est l’apport de l’histoire, par lequel le capital a été accumulé dans quelques mains, et le travail a été privé de l’accès aux moyens de production et contraint de se vendre aux conditions de l’acheteur. Le système actuel, de concentration de la propriété du capital, et d’organisation en entreprises de grande envergure, est le résultat direct de cette structure originelle de la puissance et de la propriété privée, qui s’est perpétuée au fil des siècles. »

(Kevin Carson, Studies in mutualist political economy, introduction au Chapitre 4 (traduction personnelle))

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Cette accumulation originelle s’est faite par la colonisation et la préemption des terres indigènes, par le pillage des ressources humaines et naturelles des colonies, ainsi que par l’expropriation des petits propriétaires et l’appropriation des communs sur le vieux continent, et par les répressions politiques et le contrôle social.

« Le capitalisme n’a été en aucune manière un «marché libre» qui a évolué naturellement et pacifiquement depuis la civilisation du haut Moyen Age. Comme Oppenheimer l’a montré, le capitalisme en tant que système d’exploitation de classe était un descendant direct de la féodalité, et ses « stigmates de naissance », ses origines dans le féodalisme tardif, sont encore visibles aujourd’hui.
Des médiévistes romantiques comme Chesterton et Belloc ont décrit un processus dans le haut Moyen Age par lequel le servage avait progressivement disparu, et les paysans s’étaient transformés de facto en francs tenanciers qui ne payaient qu’un montant censitaire nominal. Le système de classe féodale se désagrégeait et était en train d’être remplacé par un autre, beaucoup plus libertaire et avec beaucoup moins d’exploitation. Immanuel Wallerstein a montré que le résultat aurait probablement été «un système de petits producteurs relativement égaux, capables d’asseoir les aristocraties et de décentraliser les structures politiques». »

(Kevin Carson, Studies in mutualist economy, “Le monde que nous avons perdu, et que nous allons reconquérir”: conclusion du chapitre 4 (traduction personnelle))

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Et ce même processus d’accumulation se poursuit aujourd’hui de plusieurs manières, notamment par le fait de politiques qui, de manière souvent tout à fait sincère, souhaitent remédier aux conséquences de ce processus d’accumulation originel en intervenant par l’autorité de l’état, en tentant de réguler l’économie, de la réglementer ou de planifier les redistributions et/ou les investissements. Malheureusement ces contraintes faussent et restreignent à leur tour le marché et le déséquilibrent, offrant des avantages à cette même oligarchie capitaliste. En croyant équilibrer l’économie, l’état la déséquilibre constamment, quelle que soit la sincérité des hommes politiques qui ont créé ces interventions, et quelle que soit le type de législation effectuée.

Aujourd’hui encore, c’est donc bien l’action de l’Etat, son interventionnisme et son autorité, qui empêche l’économie d’atteindre cet équilibre de la libre économie où les prix sont équivalents aux coûts. La concentration du capital n’est pas le résultat de la concurrence, mais le résultat de l’intervention de l’Etat ; ce n’est pas le résultat d’un processus naturel, mais d’un processus volontaire (et plus ou moins intentionnel) ; ce n’est pas le résultat de la « Concurrence libre et non faussée », mais de la « privatisation des profits et socialisation des coûts ». Etat et capitalisme sont une seule et même chose, que l’on peut regrouper sous le terme plus général d’impérialisme, l’Etat en étant le moyen, et le capitalisme le résultat.

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9 Réponses to “Les privilèges et leur origine”

  1. MétaZét Says:

    Bonjour,

    Je suis libéral et étonné par ton blog car j’ai l’impression qu’il y a beaucoup plus de choses qui nous rassemblent que de choses qui nous séparent. J’ai l’impression que c’est essentiellement un problème de vocabulaire car ce que tu appelles capitalisme, je l’appelle, pour ma part, « capitalisme de connivence », le vrai capitalisme étant pour moi synonyme d’économie libre de marché. De même, tu parles de théorie de la valeur travail, mais je ne vois pas de différence, dans la présentation que tu en fais, avec la théorie subjective de la valeur. Tu opposes également le « privé » avec ce qui relèverait, par exemple, de l’économie sociale et solidaire. Mais pour moi, il s’agit aussi de privé ! D’après moi, est privé tout ce qui n’est pas du ressort de l’État ou d’une collectivité territoriale ou supra-étatique. Ainsi, une entreprise coopérative, c’est pour moi du secteur privé. Les associations, cela relève du secteur privé. Etc.

    J’aimerais bien connaître les raisons de ton opposition à la propriété privée. Si ça se trouve, là aussi les divergences ne sont qu’apparentes. Pour ma part, je crois :
    – à la propriété privée originaire de la valeur ajoutée par notre travail à la matière travaillée ;
    – à la propriété privée secondaire de la dite matière et également de toute chose acquise par l’échange ou le don ;
    – à la propriété collective de l’espace (et notamment des terrains), avec possibilité d’appropriation privée par compensation à la communauté.
    Il me semble donc, étant donné l’état de mes réflexions, que je suis pas mal « géolibertarien ».

    Cordialement.

    • Ramite Says:

      Bonjour, merci et bienvenue !

      En effet, mes idées développées ici sont très proches de celles des libéraux (des libertariens de gauche, plus exactement); et d’ailleurs depuis quelques mois je discute avec de nombreux libéraux et libertariens, ce qui m’amène depuis quelques semaines à me qualifier désormais, moi aussi, d’ « anarchiste libéral », et non plus de « mutuelliste ».

      Il y a en effet un souci sémantique sur le terme de « capitalisme », je pense que les libéraux auraient tout intérêt à ne pas utiliser ce terme et à lui préférer celui d’ « impérialisme », qui satisferait d’avantage les gens de gauche (et donc permettrait de réconcilier plus facilement les deux parties). De même il serait préférable d’utiliser plutôt le terme « d’anarchisme de (libre) marché » plutôt que celui « d’anarcho-capitalisme ». Car comme le dit très justement Kevin Carson, d’un point de vue historique le système décrit rétrospectivement comme étant du « capitalisme » a toujours été lié à l’état, alors que le libre marché reste une prémisse hypothétique souhaitable auquel se réfèrent les pourfendeurs du marché.

      En effet l’économie solidaire et sociale fait également partie du secteur privé ; mais la précision quant à l’intérêt de ces entreprises dans un contexte de libre économie est nécessaire, car elles sont rarement considérées comme étant partie prenante de « l’économie de marché », cette dernière étant trop souvent considérée uniquement sous l’angle de l’organisation patronale et actionnariale de l’économie. C’est encore une légère divergence sémantique.

      Concernant la propriété privée, je ne m’y oppose plus vraiment, mais là aussi j’y applique une divergence sémantique de celle des libertariens, et je pense que celle-ci est absolument nécessaire : en effet, d’un point de vue rétrospectif et historique, là aussi, tout comme pour le capitalisme, la propriété privée a toujours été liée à l’Etat, à sa protection, mais aussi à la coercition qu’il peut lui appliquer : la propriété privée actuelle n’est qu’une propriété publique, dont les trois formes d’utilisation de celle-ci que sont l’usus, le fructus et l’abusus, ne sont que DELEGUEES aux individus. En fait, il n’existe de choix qu’entre la propriété individuelle et la propriété publique, cette dernière pouvant être gérée de diverses manières (telle que l’est la propriété privée actuelle).
      Il me semble que les libertariens, à l’instar des mutuellistes, proposent plutôt l’avènement d’une propriété INDIVIDUELLE, pleine et entière, établie par contrat et protégée individuellement, donc non coercible. Parler de propriété privée dans une prémisse de société libre est de plus un oxymore qui supposerait l’existence d’un Etat minimal chargé de garantir cette propriété, ce qui de fait éliminerait le caractère totalement « libre » de cette société.
      Je suis donc à la fois contre la propriété privée et contre la propriété publique, et pour la propriété individuelle anarchiste.

      Concernant la théorie de la valeur-travail, celle énoncée en ces termes par Kevin Carson tend justement à montrer que LTV et STV se rejoignent totalement, du moment que l’économie se trouve dans un contexte de libre marché, et que l’opposition entre les deux théories n’a alors plus lieu d’être. J’ai tout de même encore un apriori sur la théorie Rothbardienne de la valeur, qui considère la valeur uniquement sous l’oeil de la demande, ce qui entraine trop souvent la conviction erronée que la production de richesses n’a pas de limites. Mais il faudrait que je me renseigne mieux sur celle-ci et que je lise Rothbard, et j’en reparlerai alors sans doute à ce moment-là.

      Au plaisir d’autres éventuelles remarques de ta part.

  2. MétaZét Says:

    Merci pour ta longue et intéressante réponse. Il me semble que les rapports entre la propriété privée et l’Etat sont complexes. Par certains côtés, sans doute que l’Etat protège la propriété privée, mais par d’autres, il la viole (impôts, taxes, expropriations légales pour construire des autoroutes, des aéroports, etc.). Honnêtement, si l’Etat était aboli, je ne sais pas si la propriété privé disparaîtrait ou s’épanouirait. J’ai tendance à penser que ça ne changerait peut-être pas grand chose : il y aurait sans doute des pro-capitalistes qui fonderaient des sociétés de propriétaires, pendant que des anti-capitalistes organiseraient des sociétés fondées sur la seule possession, voire sur la propriété collective ; et la coexistence pacifique de tous ces modèles économico-politiques (au sein de ce qu’on pourrait donc appeler « une panarchie ») permettrait de voir ce qui marche le mieux (le cas échéant), donc ça ne serait pas plus mal.

    Bon, sinon y’a un truc qui m’a beaucoup étonné : je ne comprends pas que tu puisses voir Mélenchon comme le moindre mal au sein de toute la classe politique. Je ne vois pas de grand rapport entre l’anarchisme libéral que tu défends et l’étatisme antilibéral de Mélenchon (lequel me fait penser à Staline). Même Hollande est préférable (et même peut-être certains autres gauchistes un peu plus hors-système). Mais dans les « grands » politiciens, à mon avis, le moins mauvais reste encore Bayrou. Et pour ce qui est des formations politiques, je pense que c’est à l’UDI qu’on peut trouver les idées les plus intéressantes (ou plutôt les moins inintéressantes), voire peut-être chez certains écolos (avec un gros point d’interrogation cependant). Mais il y a moyen aussi de soutenir de petites formations comme le parti pirate ou le parti libéral démocrate (et dans les associations politiques non constituées en parti, je pense que le mouvement des libéraux de gauche pourrait t’intéresser). Maintenant, si l’idée c’est qu’on aille droit dans le mur un peu plus rapidement (pour mieux faire triompher les idées libérales et libertaires après) alors va pour Mélenchon 🙂

    • Ramite Says:

      Je suis évidemment d’accord en ce qui concerne la panarchie.

      Concernant Mélenchon, je suis en effet de plus en plus en accord avec mes amis libéraux, et je le trouve de plus en plus détestable car bien trop étatiste, bien que je continue d’apprécier sa grande gueule, sa détermination et son franc-parler, et son côté bon vivant franchouillard.
      Je suis moins d’accord sur l’UDI ou sur le Modem, dont je trouve les membres principaux particulièrement incompétents (Bayrou et Borloo notamment). J’apprécie par contre de plus en plus le parti libéral démocrate ou les libéraux de gauche, et j’ai également beaucoup d’estime pour le parti pirate, bien que ce dernier soit assez incomplet aujourd’hui du point de vue du programme.
      Et en tant que écolo-décroisant, je conserve toujours beaucoup de sympathie et d’estime pour certains d’entre eux, comme Dany Cohn Bendit, Yves Cochet ou José Bové, que je sais d’expérience être très ouverts d’esprit et très libéraux dans l’âme. EELV est d’ailleurs de loin le parti le plus libéral de la gauche française. D’autres membres d’EELV ont néanmoins bien moins ma sympathie, comme le fade et bien-nommé Placé, voire sont à mes yeux carrément détestables comme Esther Benbassa.

      • MétaZét Says:

        J’ai quelques gros doutes sur la compétence et surtout la carrure de Borloo (tu remarqueras que je ne l’avais pas cité, du reste). Chez Bayrou, j’aime bien le côté paradoxalement anti-système car extrême-centriste 😀 Aucun des deux n’est de toute façon libéral. Tout au plus, Bayrou semble un tantinet plus ouvert à quelques valeurs libérales grand angle (au niveau à la fois des mœurs et de l’économie, contrairement, par exemple, aux quelques très vaguement libéraux qu’on trouve à l’UMP, et qui, s’ils sont peut-être un epsilon moins antilibéraux sur un plan économique, le sont bien davantage sur le plan des mœurs) que d’autres « grands » politiciens, et par sa volonté d’introduire de la proportionnelle et de travailler avec toute personne compétente, il pourrait davantage contribuer à ce que des personnes authentiquement libérales puissent avoir voix au chapitre. Son gros problème, à mon avis, c’est surtout qu’il est de plus en plus dans une logique d’ambition personnelle, et d’isolement.

        Bref, de petites formations comme le PLD, le parti pirate ou le MLG sont bien plus audacieuses et intéressantes sur le fond, mais leur problème à elles c’est qu’elles sont pour ainsi dire inexistantes sur la scène politique… Par conséquent, j’en viens de plus en plus à penser que les libéraux ne doivent pas mettre tous leurs œufs dans le panier politique. Créer des poches de libéralisme au sein de l’étatisme — à la manière de l’agorisme — en exploitant les vides réglementaires laissés par l’Etat, me paraît être une approche complémentaire prometteuse, qui permet d’ors et déjà d’expérimenter l’authentique libéralisme, même si c’est au prix de quelques astuces et si l’offre demeure restreinte. Je pense par exemple à des choses comme les SELs, que j’approuve sur le principe. Je trouve juste dommage que l’idéologie sous-jacente soit si anticapitaliste. Je m’étais inscrit à un SEL il y a quelques temps, et j’avais proposé, lors de l’AG, de supprimer le caractère « fondant » de la « monnaie », et pourquoi pas, d’autoriser le don de « grains de riz » entre adhérents, et même pourquoi pas le prêt à intérêt de « grains de riz »… Toutes idées qui ont été presque unanimement boudées.

        J’ai parlé de ton blog sur le forum liberaux.org si ça t’intéresse de venir en débattre :

        http://www.liberaux.org/index.php/topic/51333-le-mutuelliste-anarcho-individualiste-est-il-notre-camarade/

        Désolé pour le titre du sujet 😀 C’était un clin d’œil posthume à Émile Armand…

  3. Luce Says:

    Bonne analyse, qui me fait penser à une devise des «libartarian-left» d’outre-Atlantique : « Free Market Anti Capitalism ». Tu es assez proche de ce qu’ils peuvent raconter, je leur ai commandé quelques brochures en angliche que je te prêterai si ça t’intéresse (je fais aprtie des vioques qui lisent mieux sur papier).

    Suivi d’un échange anarchiste/libéral intéressant ! Comme on aimerait en voir plus souvent, et les voir se soutenir sur leurs points de convergences.

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