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Homo Socialis ?

21 avril 2010

Il existe dans la nature toutes les formes de socialisation entre individus, de l’a-socialisation totale de certaines espèces « individualistes » et solitaires, jusqu’aux sociétés quasiment totalitaires des insectes sociaux, en passant par tous les intermédiaires plus ou moins grégaires, meutes de loups, bancs de poisson, etc. La question de savoir à quel niveau de socialisation se place l’homme, ou bien à quel niveau de socialisation devrions-nous le placer, est une question qui revient souvent dans les questionnements philosophiques. Déjà bien avant la révolution française, certains penseurs louaient l’organisation sociale des fourmis pour illustrer leurs propos, et proposaient que ces sociétés soient prises en exemple pour l’organisation sociale humaine.

On comprend tout à fait que les fourmis puissent être régulièrement comparées aux humains, puisqu’elles sont les seules à développer comme nous des formes d’élevage et d’agriculture ; de même, tout comme pour les autres espèces sociales, leurs fonctions économiques respectives sont spécialisées, et elles possèdent un langage technique qui leur permet d’échanger des informations très précises. Mais là s’arrête malheureusement la comparaison, et le fonctionnement social des fourmis n’est absolument pas transposable aux humains, au grand dam d’un certain nombre de rationalistes étatistes et « dictatorialistes ». Car si les individus humains peuvent être spécialisés, il n’en reste pas moins qu’ils le font par choix, et que ces choix sont donc mouvants, imparfaits, désorganisés ; que l’autorité humaine est systématiquement contestée, alors que l’autorité formique est tellement incontestée qu’elle est absolument inexistante et inexercée.

Où se situe l’espèce humaine sur « l’échelle » de la socialisation ? Quelle est la part d’individualité et quelle est la part de socialité dans nos sociétés humaines ? Voici les questions auxquelles je vais tenter ici de répondre.

Espèces strictement individualistes :

On peut selon moi distinguer plusieurs « niveaux » de socialité, parmi les nombreuses espèces qui peuplent notre planète. Tout d’abord, beaucoup d’espèces, et peut-être même la majorité d’entre elles, sont strictement individualistes, et leurs rapports sociaux quasiment inexistants, sauf pendant le court laps de temps nécessaire à l’acte de reproduction ; voire totalement inexistants lorsque la reproduction se fait sans aucuns contacts entre individus, ce qui arrive parfois. Ces espèces sont individualistes, c’est-à-dire plus exactement que les individus de ces espèces ne s’intéressent qu’à leur propre survie et à leur propre succession, sans intérêt aucun pour la survie de l’espèce en tant que telle, ni pour aucune forme de communauté. En général, même les quelques rares instants de rapports sociaux ne consistent en tout et pour tout qu’en actes de confrontations ou d’intimidations, de manière à assurer un avantage individuel.

Pour ces espèces, il n’y a pas d’évolution conjointe de l’espèce ; l’individu qui obtient la victoire individuelle en ce qui concerne la succession est celui qui assurera malgré lui (et surtout malgré les perdants) la succession de l’espèce toute entière. Les perdants n’acceptent en rien leur défaite ; ils n’ont simplement pas le choix. Ils ne se consolent pas en se disant que leurs gènes seraient moins bons puisqu’ils ont connu la défaite, et qu’il vaut mieux assurer la pérennité de l’espèce avec les gènes plus efficaces des vainqueurs. En réalité, ceux qui l’emportent seront les seuls à transmettre leurs gènes, que ceux-ci portent effectivement les meilleurs gènes, ou pas. Les confrontations entre individus ne sont donc pas du tout une recherche collective et volontaire, ni transcendante, des meilleurs gènes parmi eux, pour assurer ainsi l’avenir de l’espèce : il s’agit uniquement d’une confrontation entre individus, dans laquelle chacun veut assurer sa propre reproduction. Le hasard de la transmission de tel ou tel gène n’est dû qu’à la contingence des confrontations entre individus, et des hasards de leur survie ou non, de leur victoire ou de leur défaite, de leur rencontre ou de leur choix plus ou moins judicieux d’un partenaire plutôt que d’un autre, et du hasard qui va permettre à leur progéniture de pouvoir survivre également ou non.

Espèces grégaires non hiérarchisées :

Un deuxième niveau de sociabilité est celui où des individus vont toujours avoir un comportement individualiste, mais où ils vont pour cela, dans leur propre intérêt, et uniquement dans leur propre intérêt, se rapprocher d’autres individus, ou accepter la proximité d’autres individus de leur espèce, et éviter la confrontation avec eux dans une certaine mesure, tant que ce rapprochement leur est individuellement bénéfique. Ils vont alors se regrouper en « agrégats » désorganisés. C’est le cas des bancs de poissons, des cohortes d’oiseaux migrateurs, des troupeaux d’herbivores, et de bien d’autres animaux qui vivent en groupe, tout en étant résolument individualistes.

Pour cette deuxième catégorie d’espèces, les intérêts sont totalement individuels, et si l’individu choisit de s’accommoder de la proximité d’un groupe, c’est parce qu’en retour, cette stratégie lui apporte plus qu’elle ne lui coûte. En effet, les oiseaux migrateurs, par exemple, se fatiguent moins lors de leurs longues et difficiles migrations, s’ils volent derrière l’un de leur congénère ; du coup, chacun recherche un groupe au moment de partir, et se place derrière un autre, profitant ainsi de l’appel d’air qu’il crée. Et comme celui qui part en premier veut également profiter de l’appel d’air que créent les autres, il stoppe rapidement sa course pour venir se placer en queue de peloton. Celui qui avait la deuxième place se retrouve devant, et ne profite plus de l’effet aspirant que lui procurait la présence de celui qu’il suivait. Lorsqu’il s’en aperçoit, il ralentit à son tour, et retourne en fin de peloton. Quelques secondes plus tard, celui qui le suivait fait de même, et ainsi de suite. Et si jamais l’un d’entre eux n’avait pas cette stratégie, qu’il restait devant ou qu’il tentait de faire la migration seul, il se fatiguerait bien vite, et serait doublé par ses congénères, qui arriveraient à destination bien avant lui, et avec bien moins de fatigue, et qui auraient ainsi l’avantage sur les ressources et les autres avantages recherchés dans la migration. Ceux qui développent cette stratégie disposent donc d’un avantage crucial dans le jeu de l’évolution, et voila pourquoi au final, seuls ceux qui utilisent cette méthode se perpétuent. Une fois la migration effectuée, chacun délaisse le groupe, pour ne s’occuper que de ses propres intérêts, pour lesquels le groupe n’apporte alors plus rien.

Les bancs de poisson ou les troupeaux de gnous fonctionnent de la même manière. Chacun cherche à assurer sa propre sécurité en recherchant la proximité d’un groupe. Un troupeau ou un banc est plus difficilement attaquable, et les prédateurs vont plus facilement s’attaquer à des individus isolés. Même si un prédateur s’attaque au banc ou au troupeau, un individu a statistiquement plus de chances d’éviter une attaque s’il est au milieu de ce troupeau ou de ce banc, que s’il est isolé. Au final, ceux qui acceptent la proximité d’autres individus de leur espèce, dans la limite où la nourriture est suffisamment disponible pour tous, obtiennent l’avantage évolutif. Mais ces individus entrent tout de même souvent en confrontation les uns les autres, notamment face à certaines ressources alimentaires, ou pour l’appropriation des partenaires sexuels ; toutefois leurs confrontations restent limitées, les moins forts acceptant de se subordonner aux plus forts, afin de tout de même profiter de l’effet de groupe, quitte à attendre leur tour.

Chez certaines de ces espèces, une affection va naître de cette stratégie ; à force de rechercher la protection d’un groupe, certains vont développer une forme d’affection envers les individus de ce groupe. Et ce qui va permettre à cette affection de perdurer et de se transmettre, c’est encore la sélection, puisque ceux qui éprouveront le plus d’affection pour les membres de leur groupe vont être amenés à rejoindre bien plus vite le groupe s’ils s’en sont éloignés, et même à bien plus éviter de s’en éloigner que d’autres. Ils vont d’avantage éprouver le besoin de la proximité des autres, rechercher cette proximité, et du coup vont être moins sujets à se retrouver à la merci d’un prédateur. Au final, ceux qui auront développé ce besoin affectif vont avoir d’avantage de chances de survie que les autres, et vont d’avantage transmettre leurs gènes. Mais cette affection est forcément limitée, de manière à permettre si besoin de rentrer en conflit avec leurs congénères, pour l’appropriation individuelle des ressources et des partenaires de reproduction : si l’un d’entre eux développait une affection trop importante, il ne lutterait plus suffisamment avec ses congénères pour cette appropriation, et il se verrait alors dans l’impossibilité d’assurer sa propre survie ou sa propre succession, les autres lui confiscant les ressources et les partenaires.

Espèces grégaires hiérarchisées :

En ce qui concerne les meutes de loups, tout comme certaines meutes de singes, ou les communautés de chimpanzés, ce même phénomène va plus loin, puisque la meute acquiert une hiérarchie, ainsi qu’une identité de groupe. Ces espèces grégaires hiérarchisées sont en général des meutes de prédateurs, ou bien des espèces sédentaires qui conservent et défendent un territoire et des ressources précises. Leur hiérarchie est caractérisée par le fait que le dominant va pouvoir disposer des ressources alimentaires avant les autres (les autres ne disposant alors que de ce que celui-ci a bien voulu leur laisser), ou bien va s’approprier l’exclusivité des partenaires sexuels. Les intérêts des individus face à cette hiérarchie diffèrent selon leur rang : le dominant a bien entendu de gros bénéfices, puisqu’il bénéficie des avantages de l’effet de groupe (protection, mais aussi parfois, coordination de certaines actions : chasse collective ou investissement collectif d’une ressource, attaques ou défenses groupées envers d’autres meutes), sans en avoir les inconvénients, puisque la nourriture et les partenaires sexuels lui reviennent en premier.

Il est par contre un peu plus subtil de comprendre l’intérêt qu’ont les subordonnés à profiter individuellement d’une telle hiérarchie. Un individu subordonné va en effet certes profiter lui aussi de l’effet de groupe en ce qui concerne la protection et les actions coordonnées ; mais il va également pouvoir disposer aussi d’un territoire qu’il n’aurait certainement pas pu défendre tout seul, et donc de ressources abondantes mais isolées, dont il aurait sinon été privé. C’est pour cette raison que les espèces qui ont de telles hiérarchies sont toutes des espèces qui dépendent de ressources isolées ou de territoires restreints (contrairement aux espèces grégaires non hiérarchisées, qui dépendent de ressources éparses et régulièrement disponibles) : les moins forts n’ont pas d’autre choix que de se subordonner aux plus forts pour avoir une maigre part de la ressource plutôt que rien. De plus, s’il est vrai que le dominant se sert en premier, en réalité, il ne peut pas se contenter de simplement s’octroyer une part surabondante, mais il doit également veiller à ce que tous ses subordonnés puissent en avoir une part minimale, sans cela, ceux-ci se « révolteraient » ou plutôt iraient tout simplement se chercher un dominant plus généreux. Le dominant doit donc constamment veiller à ce que son territoire soit à la hauteur et à la taille de la meute qu’il domine et dont il profite.

Mais en quoi un subordonné peut-il bien se contenter d’un groupe dont les partenaires sexuels ne peuvent lui revenir (puisqu’ils sont la propriété exclusive du dominant), ce qui à priori lui interdit donc toute possibilité d’assurer sa propre perpétuation ? La « science de l’adultère » nous permet alors de comprendre les subtils intérêts individuels de ces subordonnés. En effet, les rapports entre subordonnés et partenaires sexuels « appropriés » par le dominant ne sont pas rares, et sont même parfois de proportions importantes, en tous cas non négligeables, puisque le dominant ne peut jamais assurer une surveillance parfaite de sa « propriété ». Là encore, mieux vaut se subordonner et attendre patiemment une brève opportunité, plutôt que de rester seul et bredouille. Chez certaines de ces espèces, comme par exemple chez les chimpanzés pygmées, la proportion de ce type de rapports aurait été dans ce cas tellement élevée, que l’appropriation exclusive de partenaires serait devenue vaine, et que l’adultère est devenue « l’institution ».

Une autre caractéristique des espèces grégaires hiérarchisées est l’existence, assez régulièrement, non plus seulement d’affection, mais d’identités, c’est-à-dire de sentiments d’appartenance au groupe de la part des individus qui le constituent, et de sentiment d’appartenance à un territoire. Au même titre que l’affection, cette capacité a assuré la supériorité des groupes qui la possédaient, car ils étaient ainsi mieux à même de se défendre collectivement, de s’entendre pour organiser des actions collectives, mais aussi, plus généralement, de reconnaître et de distinguer leur propre groupe des groupes rivaux, ainsi que de distinguer les territoires respectifs. Mais tout comme l’affection, l’identité collective est limitée par les intérêts individuels, qui vont toujours primer en dernier ressort : tous ces comportements grégaires vont être uniquement déterminés par le fait que l’individu, même subordonné, retire de cette stratégie plus de bénéfices que de coûts.

 

Espèces sociales :

Les espèces sociales, qui comprennent 99% des espèces de fourmis, toutes les espèces de termites et de bourdons ou de frelons, certaines espèces de guêpes et d’abeilles, et enfin, à ma grande surprise, une espèce de mammifère, le rat-taupe nu, sont caractérisées par une organisation hiérarchisée en colonies dont les membres sont indissociables de celle-ci (il n’y a pas de mobilité d’individus d’une colonie à une autre), par l’utilisation d’un langage technique très perfectionné au sein de ces colonies, par des spécialisations économiques de leurs membres respectifs, et par l’existence de castes sexuelles caractéristiques de l’eusocialité, où seuls certains membres de la colonie vont disposer de capacités reproductives.

Il est évident que les humains, non seulement possèdent les caractéristiques précédemment étudiées des espèces grégaires hiérarchisées, mais possèdent également un langage technique très perfectionné, ainsi que des spécialisations économiques individuelles. Toutefois, il n’en demeure pas moins qu’ils vivent en tribus, ou en groupes, et non en colonies ; qu’ils n’ont aucune eusocialisation ; et que leurs spécialisations économiques ne sont en rien prédéterminées, mais volontaires et muables.

Chez les espèces sociales, les membres de la colonie ne disposant pas de capacités reproductives ne vont avoir aucune possibilité de se perpétrer individuellement, et donc ne vont pas chercher à se distinguer, ni à développer leurs qualités, ni même à rechercher de quelconques bénéfices individuels ou collectifs. Etant donné qu’ils ne sont pas sexués, ils sont condamnés d’avance, et vont se borner à suivre la simple stratégie purement génétique dont ils prédisposent. A l’inverse, les humains, qui sont tous sexués, vont tous chercher à se distinguer les uns des autres, et à innover, espérant que leur stratégie individuelle soit la bonne, et qu’elle leur permettre de se perpétrer individuellement.

De la même manière, les reines des espèces sociales vont être concurrentes entre elles, et vont avoir un comportement strictement individualiste, entrant en compétition féroce, voire en confrontations, avec leurs congénères du même sexe. Elles vont se distinguer les unes des autres, et ne vont accepter aucune proximité entre elles, se séparant géographiquement de leurs congénères, sur des territoires différents et des ressources différentes, dont elles vont s’assurer la propriété, entraînant avec elles la spécificité des membres asexués dont elles sont les génitrices.

Au sein de ces colonies, les membres asexués, dont les reines vont s’entourer, vont progressivement devenir, par sélection, de plus en plus dévoués à leur reine et à leur colonie, et de plus en plus efficaces à la tâche qui leur incombe (d’où la spécialisation économique), ainsi que de plus en plus restreints à l’identité exclusive de la colonie (de la même manière, les mâles, même s’ils sont sexués et tous distincts, de manière à laisser à la reine d’avantages de choix concernant la diversité génétique pour la reproduction, sont, pour autant, prédéterminés à se restreindre systématiquement à leur propre colonie, pour ainsi ne pas risquer d’apporter de bénéfiques gènes à d’autres reines ; la plupart du temps, ceux-ci sont même incapables de se nourrir par eux-mêmes, et sont ainsi totalement dépendants de la colonie).

De même, le langage et les moyens de transmission des informations entre membres, qui sont génétiquement acquis, vont devenir extrêmement efficaces, et purement techniques. A l’inverse, les humains ont un langage qui n’est pas génétiquement acquis, mais qui est le résultat de l’organisation grégaire, une acquisition culturelle mouvante et non exclusive d’un patrimoine culturel grégaire et identitaire.

Chez les espèces sociales, ce sont les colonies dont la cohésion interne, l’efficacité des membres et l’efficacité de leurs échanges techniques, sont les plus efficaces, qui vont prendre l’avantage sur les autres, et d’avantage se perpétrer. Au sein des espèces sociales, chaque colonie n’a, comme volonté individuelle, que celle, absolument incontestée, de la reine. Tout se passe comme si chaque colonie n’était qu’un seul individu, une unique reine disposant de nombreux outils vivants, et reliés à elle par la communication et la génétique ; un super individu auto fécond, aux nombreux bras, dont le sexe commande et détermine le fonctionnement du reste du corps, de l’ensemble des autres membres. La socialité entre ces différents supers individus, elle, est réduite à l’état de comportement strictement individualiste (à une seule exception, celle des super colonies de fourmis d’Argentine « expatriées »).

 

L’asocialité humaine :

Il est donc évident que l’homme, qui est un animal dont les individus sont sexués, ne peut pas être considéré comme un animal social, mais tout au plus comme un animal grégaire hiérarchisé, et qui a développé certaines capacités culturelles qui peuvent avoir des effets semblables à ceux des animaux sociaux, comme le langage, et la spécialisation économique. Mais ces capacités, chez l’homme, sont exclusivement culturelles et non prédéterminées, et donc sont mouvantes, muables, et volontaires. Et surtout, les bénéfices de ces acquis culturels et identitaires sont destinés aux bénéfices exclusifs des individus humains, et en aucun cas aux bénéfices des groupes ou des communautés ; les humains sont des individus sexués, et à ce titre, ils sont libres et autodéterminés, et vont nécessairement tendre à se distinguer les uns les autres, même si ça n’est que dans la limite d’une identité culturelle grégaire acceptée.  

Rien ne transcende donc les humains ; ni leur génétique, ni leur groupe. Nous sommes tous des individualistes, des égoïstes, qui acceptons la vie grégaire uniquement parce que celle-ci, ou uniquement si celle-ci, nous procure individuellement d’avantage de bénéfices que de coûts. Si tel n’est pas le cas, nous nous autonomisons, nous nous révoltons, ou bien nous nous expatrions vers un autre groupe qui nous conviendra d’avantage. Mais tant que nous serons sexués, tant que nos organes génitaux et hormonaux ne seront pas atrophiés ni aliénés, aucun intérêt de groupe, aucun intérêt d’état, ne pourra prévaloir sur nos intérêts individuels ; aucune valeur communautaire, nationale, ni même humaniste, ne pourra prévaloir sur nos valeurs individuelles. Nous continuerons inlassablement et inévitablement d’être exclusivement des égoïstes ; des individualistes qui ne se sociabilisent que volontairement et dans leur propre intérêt, et dans l’intérêt de leur propre perpétuation.

« Personne n’est mon semblable, ma chair n’est pas leur chair, ni ma pensée leur pensée. […] L’état ne poursuit jamais qu’un but : limiter, enchaîner, assujettir l’individu, le subordonner à une généralité quelconque. » Max Stirner, L’unique et sa propriété.

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